Idées noires

Quand j'étais petit, je n'étais pas un Jedi contrairement à Dynonisos. Et si en ce 11 mars je démarre une note sur ce thème, ce n'est pas en hommage à Claude François contrairement à ce que pourrait laisser croire la suite de la chanson (... tellement nerveux que lorsqu'il pleuvait souvent je m'électrocutais...).

Je n'ai pas non plus rencontré de fille en forme de fée et c'est peut être ce qui explique la suite de ma note.

Je reprends.

Quand j'étais petit, je n'étais pas ce que l'on peut appeler un petit garçon top super heureux.

Rien de bien méchant en apparence, je n'avais pas de difficulté visible particulière, pas de trouble psycho-moteur ni du comportement, j'étais ce que l'on peut appeler un petit garçon "normal", avec une vie relativement facile, des parents, de la famille, des vacances, etc.

Mais pour autant que je me souvienne, j'étais enfant assez mal dans ma peau.

Mes premiers souvenirs du genre remontent à l'âge du CP et de l'école primaire.

J'avais des amis, mais j'aimais être seul assez souvent. A la maison, ma sœur étant âgée de 9 ans de plus que moi, je me suis rapidement retrouvé un peu comme un enfant unique, un peu seul donc. J'y ai pris un certain goût, tout en cultivant quelques idées noires, comme une récurrente impression de n'être pas particulièrement aimé de mes proches. Il m'est arrivé régulièrement d'atteindre le point de vouloir ne plus exister mais sans pulsion suicidaire pour autant, juste un souhait très fort qu'une maladie incurable m'atteigne, du coup peut être plus pour que l'on s'occupe de moi que pour y passer réellement. Bref, tout ça pour dire que petit garçon, j'étais atteint d'une forme de dépression infantile.

Je vous rassure tout de suite, je n'écris pas ces quelques lignes dans un but larmoyant, mais force m'est de constater aujourd'hui avec surprise que j'ai l'impression que ma fille traverse une période assez proche de cet état.

Régulièrement, je sens chez elle poindre comme des faiblesses, des petits moments de déprime, qu'elle finit par verbaliser assez bien du style je cite : "La vie c'est dur". A entendre de la bouche d'une petite fille de six ans à qui vous vous efforcez de donner tout l'amour et toute l'attention possible, je vous jure que ça fait bizarre. Qui plus est quand je me revois à son âge avec mon mal être. Je sais bien que notre situation est différente, que dans son cas, le fait d'avoir des parents séparés joue sur son psychisme mais c'est comme s'il existait (il me semble pour le moins qu'il existe en ce sens un terrain) un gène de la dépression et qu'il puisse se transmettre et s'activer quoi que l'on fasse pour lutter contre.

Etonnant !



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Fun & Pain

Il y a dans les vacances de sport d'hiver comme une forme de masochisme.

D'après Le Post.fr environ 10% des français partent au ski.

Donc mettons grosso modo que la moitié d'entre eux se concentrent sur les vacances scolaires pour cause d'enfants.

On divise par cinq pour le nombre de semaines sur lesquelles s'étalent les vacances scolaires de février/mars.

Et cela fait à peu près 600 000 personnes qui le samedi se tapent au minimum six à dix heures de trajet selon qu'ils soient courageux (départ au tout petit matin pour éviter les bouchons sur les coups de trois ou quatre heures du matin), résignés (pour ceux qui se tapent les bouchons tout du long) ou prévoyant ou fortunés (pour ceux qui se déplacent en train et qui arrivent direct dans la station ou à forte proximité genre je me tape une demi heure de bus).

Tous ces gens se répartissent alors dans les stations des Alpes et des Pyrénées et durant une semaine vont dépenser une fortune (à mon sens le plus gros budget vacances de l'année en rapport durée/prix), se geler toute la journée d'autant plus quand la météo balance neige et vent à tout va, souffrir dans les redoutables chaussures de ski, s'empiffrer de graisses en tout genre, faire la queue dans les magasins d'alimentation, dans les remontées mécaniques et à l'école de ski, gérer le stress des enfants à l'arrivée du vendredi pour savoir s'ils auront une nouvelle fois la récompense des efforts de la semaine, et pour les moins chanceux se rompre le dos (dédicace spéciale à Ben et sa nouvelle clavicule magique).

Alors bon, si la populace ne s'y laissait prendre qu'une fois, passe encore, mais non, chaque année, c'est le même folklore, c'est dans la conscience et l'acceptation que commence le masochisme.

Et le pendant de la douleur étant le plaisir. La montagne ce sont des paysages grandioses, un changement d'air bénéfique, les joies de la glisse pour des citadins majoritairement sédentaires, des vacances en famille ou entre amis, un oubli partiel à total du boulot et du quotidien et une nourriture plutôt... riche et festive.

Allez, ça, c'est fait, vivement le printemps !



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Send & receive a postcard

Dans les petites choses du web communautaire, Kickstarter a ma préférence du moment.

On peut considérer Kickstarter comme un catalyseur de projets.

Simple, basique, efficace.

Quelqu'un a un projet.

Il le monte, l'explique, définit un budget à obtenir, un délai, et propose des récompenses pour les personnes susceptibles d'investir dans son projet.

On y trouve de tout et de rien, les projets tournent autour de création de livres, d'albums musicaux, de films, de documentaires, bref de choses ayant plutôt trait au domaine artistique, on y trouve du sérieux comme du farfelu.

"Send a postcard, receive a postcard" est un projet qui m'a séduit d'emblée par son caractère participatif et basique.

Tous ceux qui ont rejoint le projet ont une mission : créer une carte postale, et l'envoyer à un autre membre du projet choisi par Gaily, l'initiatrice du projet.

Alors voilà ma carte postale, qui va prendre cette fin de semaine le chemin du Michigan aux États-Unis et je suis assez curieux de voir ce que je vais recevoir à mon tour et d'où cela va provenir.

Pour en savoir plus, le détail du projet est là, le blog qui compilera les différentes cartes postales envoyées ici.

Et n'hésitez pas à fouiller Kickstarter pour découvrir ce petit monde qui fourmille.

Et je parlais aussi précédemment du projet de la Blogothèque et de l'association Invisible Children qui a plus que jamais besoin d'un peu de soutien à 13 jours de sa fin.



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The bridge & the bird

Tower Bridge
From the Tower of London
London Jan 2k10



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Ceci n'est pas un phare

... mais l'escalier de The Monument.
Londres, janvier 2k10.



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Lewis Floyd Henry

Certains lundis augurent une semaine sournoise, pourtant, tout ne partait pas si mal.

Comme hier, un peu de soleil me poussait ce matin à croire que non, aucune catastrophe écologique n'est venu dernièrement bouleverser notre petite planète au point de l'enfermer sous une chape de nuages gris terne doublée de températures fraîches tendances glaciales.

Ma migration bimensuelle Paris-Montmorency-Paris s'est plutôt bien passée si je mets de côté les quinze minutes de perturbation de métro dues à un grave accident de voyageur à Mouton-Duvernet.

Tout a basculé à l'arrivée au bureau où le courrier du lundi matin nous vociférait sinistrement la venu d'un gentil contrôleur fiscal à l'arrivée du printemps.

Ce qui ne manqua pas de me rappeler que ce 15 février était aussi le temps du règlement du premier tiers.

Vint ensuite une succession de petits riens téléphoniques et mailesques me rappelant douloureusement que tout client peut rapidement se hisser au rang de mon client préféré en matière de rapport exaspérant.

Cette semaine, il va falloir donner un peu de soi.

Alors, entre envie de fuir au Lac du Der et me fondre parmi les milliers de grues cendrées qui y hivernent, entre envie de me replonger dans la lecture des notes de Boulet empruntées à la bibliothèque, ou encore de partir sillonner l'Europe en quête d'usines et de nuages, l'image de Lewis Floyd Henri m'est revenue.

Mi-janvier à Londres, après une journée à passer d'un marché à l'autre, depuis les puces aux nourritures du monde en passant par les jeunes créateurs, nous suivions Brick Lane en direction de la Tamise. Sous les fenêtres du All Star Lanes bowling, un musicien pose sous nos yeux son attirail de One Man Band et démarre son show.

Une petite foule se rassemble rapidement et nous dedans, assistons assez amusés à une démonstration d'énergie et de rage musicale. Lewis Floyd Henry se situe quelque part à la croisée d'un homme orchestre et d'un Jimmy Hendrix maudit (d'un point de vue de la reconnaissance musicale car d'un point de vue humain, on peut techniquement considérer Jimmy Hendrix comme assez maudit).

Ce dont je me souviens aujourd'hui c'est d'avoir été assez emballé par la prestation, séduit par le bonhomme. Durant les dix à quinze minutes que le bobby local l'autorisa à jouer, Lewis Floyd Henry s'est donné à fond, et j'étais complètement transporté par le son qu'il sortait et je ne crois pas avoir été le seul.

Du coup, la magie d'Internet me permet de vous diriger vers son Myspace pour vous donner une idée du bonhomme mais ne vous fiez pas au son qu'il s'en dégage, la médiocre qualité des enregistrements témoigne aussi d'un certain manque de moyens. J'invite plutôt ceux qui peuvent et qui sont fan de riffs électriques endiablés à le voir en live car il se trouve que l'artiste est de passage à Paris le dimanche 28 février à la scène Bastille.

Energie, dépassement et don de soi sont des vertus à cultiver et à soigner en ce long hiver.

lewisfloydhenry.jpg



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