Certains lundis augurent une semaine sournoise, pourtant, tout ne partait pas si mal.
Comme hier, un peu de soleil me poussait ce matin à croire que non, aucune catastrophe écologique n'est venu dernièrement bouleverser notre petite planète au point de l'enfermer sous une chape de nuages gris terne doublée de températures fraîches tendances glaciales.
Ma migration bimensuelle Paris-Montmorency-Paris s'est plutôt bien passée si je mets de côté les quinze minutes de perturbation de métro dues à un grave accident de voyageur à Mouton-Duvernet.
Tout a basculé à l'arrivée au bureau où le courrier du lundi matin nous vociférait sinistrement la venu d'un gentil contrôleur fiscal à l'arrivée du printemps.
Ce qui ne manqua pas de me rappeler que ce 15 février était aussi le temps du règlement du premier tiers.
Vint ensuite une succession de petits riens téléphoniques et mailesques me rappelant douloureusement que tout client peut rapidement se hisser au rang de mon client préféré en matière de rapport exaspérant.
Cette semaine, il va falloir donner un peu de soi.
Alors, entre envie de fuir au Lac du Der et me fondre parmi les milliers de grues cendrées qui y hivernent, entre envie de me replonger dans la lecture des notes de Boulet empruntées à la bibliothèque, ou encore de partir sillonner l'Europe en quête d'usines et de nuages, l'image de Lewis Floyd Henri m'est revenue.
Mi-janvier à Londres, après une journée à passer d'un marché à l'autre, depuis les puces aux nourritures du monde en passant par les jeunes créateurs, nous suivions Brick Lane en direction de la Tamise. Sous les fenêtres du All Star Lanes bowling, un musicien pose sous nos yeux son attirail de One Man Band et démarre son show.
Une petite foule se rassemble rapidement et nous dedans, assistons assez amusés à une démonstration d'énergie et de rage musicale. Lewis Floyd Henry se situe quelque part à la croisée d'un homme orchestre et d'un Jimmy Hendrix maudit (d'un point de vue de la reconnaissance musicale car d'un point de vue humain, on peut techniquement considérer Jimmy Hendrix comme assez maudit).
Ce dont je me souviens aujourd'hui c'est d'avoir été assez emballé par la prestation, séduit par le bonhomme. Durant les dix à quinze minutes que le bobby local l'autorisa à jouer, Lewis Floyd Henry s'est donné à fond, et j'étais complètement transporté par le son qu'il sortait et je ne crois pas avoir été le seul.
Du coup, la magie d'Internet me permet de vous diriger vers son Myspace pour vous donner une idée du bonhomme mais ne vous fiez pas au son qu'il s'en dégage, la médiocre qualité des enregistrements témoigne aussi d'un certain manque de moyens. J'invite plutôt ceux qui peuvent et qui sont fan de riffs électriques endiablés à le voir en live car il se trouve que l'artiste est de passage à Paris le dimanche 28 février à la scène Bastille.
Energie, dépassement et don de soi sont des vertus à cultiver et à soigner en ce long hiver.







