Le 17 mai représente pour moi bien plus que la sortie du Da Vinci Code.

Le 17 mai est la date anniversaire d'un ami, jour important où l'ami que je suis prend plaisir à souligner à Laurent combien il peut l'apprécier pour ce qu'il est bien plus que pour ce qu'il représente.

Alors bon...

On sort de quelques heures de discussions bien intenses sur le sujet ...

Ca fait bien deux semaines qu'on a démarré cette discussion et qu'elle revient cycliquement ...

Après certains moments de doutes, je crois que ce soir nous sommes parvenus à nous comprendre ...

L'objet de cette note n'est pas de remettre de l'huile sur le feu.

Oui ami lecteur, toi que je prends à témoin depuis quelques notes, toi dont je devine la moue dubitative à la lecture de ces premières lignes, tu dois bien te démander dans quel délire je pars encore.

Il s'agit là d'une problématique fondamentale.

De prime abord, il pourrait simplement s'agir d'évoquer ce qu'est l'amitié.

Et de faire le constat que de nos jours l'amitié est devenue une notion plutôt superficielle.

Entendre par là qu'on ne s'intéresse pas vraiment à qui est l'autre, qu'on se contente souvent de son image au quotidien, des relations primaires et parfois factices mises en oeuvre dans nos façades, dans notre mise en scène sociale qui vire parfois à la mascarade.

En fait nos relations amicales s'apparentent souvent à nos relations humaines, des instantanés grisant pour une vue d'ensemble plutôt fade.

Et puis on peut aussi voir les choses différemment, se dire que finalement le temps, l'envie, ou la capacité à le faire ne sont pas toujours là pour vous permettre d'entretenir des rapports évolués avec vos amis, à découvrir la subtilité de leurs personnalités, la raison d'être de leurs centres d'intérêt et qu'après tout, les bons moments que vous passez avec eux sont suffisants. Tout en sachant qu'une alchimie particulière que vous ne sauriez expliquer autrement que par un anglicisme du type feeling fait que vous les aimez tels qu'ils sont et que quoi qu'il arrive vous savez qu'en cas de coup dur vous pouvez ou pensez pouvoir compter sur eux en dépit des inévitables déceptions qui surviendront le cas échéant.

Et puis on peut aussi se regarder un peu le nombril et se rendre compte que l'une des raisons principales de ce triste état de fait vient probablement de ce que nous ne nous intéressons déjà pas à nous mêmes. Combien de personnes sont aujourd'hui capables de prendre un peu de temps pour réfléchir sans se laisser abrutir par la lourdeur du quotidien ou la facilité d'allumer le poste de télévision, la radio, de multiplier les rencontres éphémères, ou de zapper d'une activité à une autre ? Combien de personnes prendront la peine de réfléchir à la raison d'être de leurs manies, de leur comportement, de leurs envies et de leurs passe-temps favori ? Avoir un regard sur leur histoire, celle de leurs parents, faire le parallèle avec leur vie ? Je crois sincèrement qu'avant d'être capable de s'intéresser véritablement à l'autre il faudrait déjà être capable de s'intéresser véritablement à soi, retrouver l'intérêt de la réflexion. La flemme et la facilité de fuite subrepticement apportées par notre consumérisme occidental sont de redoutables poisons.

Pourquoi tout ce mélo ?

A la base, j'avais rédigé une note vantant les qualités litéraires de Laurent Villiers, auteur de poèmes et de romans en devenir comprendre par là qu'il développe....

Et il se trouve que Laurent qui a donné de son corps, de sa sueur et de son intellect pour mener à bien à ce jour un recueil de poèsies et un premier roman ressent une certaine frustration de n'avoir pas eu de retour de ceux qu'il estime proche sur ses écrits.

Moi le premier.

Laurent se dit alors que les gens se foutent de ce qu'il est vraiment et que par conséquent ils se contentent de l'image sociale qu'il renvoit, à savoir un mec plutôt cool, sympa, marrant et intéressant dans les idées qu'il soulève.

Je ne peux que comprendre cette gène. Ma seule critique à son égard étant de garder ça pour lui, de ne pas avoir provoqué plus de réactions même si je comprends que cela ne soit pas dans sa nature et qu'il attendait de ses amis ce minimum de réactions.

Alors Laurent, quelques élément de réponse complémentaires me concernant.

Pour ton recueil de poèmes, j'avoue avoir toujours eu une certaine admiration, un certain plaisir et une certaine envie à lire ce que tu faisais mais pour reprendre une expression, récurrente ces derniers temps, ne pas avoir forcément eu les clés pour les apprécier à leur juste valeur, donc de là à te faire un retour...

Pour ton premier roman, je ne trouverai pas là vraiment d'excuses. Je dirai qu'à ce moment, je l'ai lu d'une traite. J'y ai pris aussi du plaisir mais que globalement, s'agissant avant tout d'un roman autobiographique, y apporter une critique c'était aussi sans doute te critiquer toi et que de toutes façons à cette époque, je n'étais pas dans l'échange.

Ce n'est pas pour autant que j'y fus indifférent.

J'ai relu ton roman cette semaine.

Mon autre.

Aujourd'hui voici mon point de vue pour si tardif qu'il soit j'espère que tu en prendras connaissance. En dépit de ton discours rendant pathétique tout retour qui te parviendrait aujourd'hui, je reste persuadé qu'une part de toi y restera sensible.

Ton roman se lit très facilement.

Je t'y retrouve il y a quelques années, je m'y retrouve forcément dans certains aspects et il correspond aujourd'hui parfaitement à quelque chose que je pourrais raconter. La mise en scène d'une transition entre deux périodes de vie.

Je ne peux qu'être sensible à ta description des relations de couple, j'ai été très amusé par l'épisode de l'aventure du périph, aimé la mise en avant de la bulle internet, été bidonné par les allusions de ce que nous avons pu vivre chez integra, été très touché par l'aventure africaine, l'utilisation du côté mystique de l'ogon. J'ai aussi retrouvé dans la phase du philosophe de comptoir et dans pas mal de réflexions une prise de connaissance sociale, une montée de la pensée qui est tienne aujourd'hui. Plus qu'un roman Mon autre représente ta renaissance. C'est sans doute aussi pour ça que c'est difficile de te faire un retour dessus en tant qu'ami, critiquer ce bouquin c'est aussi te critiquer toi si on met de côté la fibre litéraire qui ne nous passionne pas tous. Mais je comprends d'autant plus que c'était important pour toi.

La fin ne m'a pas surpris et en même temps j'ai du mal à en trouver une autre. Elle correspond bien au côté la vie continue et peut nous apporter de nouvelles bonnes choses.

Il n'y a que le style qui parfois m'a laissé sur ma faim. Quelques fautes d'orthographe mais surtout un flot inégal avec des épisodes très construits, très riches d'images dont tu as le secret et d'autres passages plus creux. Ton premier roman me fait l'impression d'un exutoire à une phase agitée de ta vie, une part de toi jetée sur le papier même si je sais que tu l'as retravaillée à plusieurs reprises. J'ai trouvé l'écriture assez sage, ne te ressemblant pas vraiment et opposé à certains concepts aiguisés véhiculés. Il me semble évident que tu peux mieux faire niveau style et que tu y travailles d'ailleurs en ce moment.

Je suis persuadé que ton second roman sera plus abouti en ce sens et qu'il transcendera ainsi ton histoire. Je ne peux mieux te souhaiter.

Enfin ami lecteur, toi qui t'es donné la peine d'arriver au bout de cette tirade, si le personnage de Laurent Villiers t'a intrigué, je ne peux que t'inviter à découvrir ses écrits sur son blog. Si d'aventures le style te plaisait et que tu souhaitais découvrir un peu plus encore son travail je ne peux que t'inviter à le contacter pour lui demander un exemplaire de son recueil de poèmes et de son premier roman. Mieux encore, ce samedi 20 mai prochain, aux environs de 14h à 16h si je ne m'abuse, plutôt que de te rendre au Pillow Fight, je t'invite à te rendre à la librairie "Le Grand Cercle" du centre commercial Art de Vivre à Eragny. Laurent y tiendra une dédicace et se fera un plaisir de te présenter ses oeuvres. Ainsi ami lecteur tu pourras te faire ta propre opinion.

Quant à toi Laurent, je te souhaite un excellent anniversaire en ce 17 mai pas comme les autres, pour aussi douloureux que fussent ces derniers mois pour moi, ils m'auront, entre autre, permis de reprendre contact avec moi-même, et avec certains de mes amis.

Au plaisir de te lire, au plaisir de te voir, au plaisir de t'entendre et de partager ces moments extraordinaires de nos vies ordinaires