Je quitte ma chambre d'un week end à pas de loup, je me dirige de la même démarche vers la porte d'entrée, je m'éclipse sans un bruit.

Dimanche matin, 8h.

S'éclipser au petit matin, quand ce n'est pas aux aurores, est une de mes spécialités, mais j'ai bien peu d'occasion de la pratiquer, surtout depuis que Lise est née.

J'aime ces moments où le jour s'installe peu à peu, où tout est encore calme. La lumière est souvent la plus belle, la vie nocturne s'éteint peu à peu et va laisser la place à l'agitation des Hommes mais on peut encore la surprendre. Ces instants sont rares et précieux, Fabrice Cahez publie un ouvrage, le rêve matin qui les transpose magnifiquement.

Bref, je reviens à cette escapade matinale, je vous vois venir, 8h, ce n'est pas si matinal que cela. Mais pourtant si, un dimanche matin, en pleine période estivale, dans la petite station balnéaire de Meschers, je peux vous assurer que c'est rudement matinal.

Meschers est une jolie petite ville de Charente Maritime à laquelle je suis plutôt attaché pour diverses raisons. Ses falaises de calcaire surplombent l'embouchure de l'estuaire de la Gironde. La vue est imprenable, la petite ville plutôt bien préservée, agréable et accueillante. La curiosité locale, ce sont les habitations troglodytes nichées dans les falaises longeant la côte.

Je poursuis donc ma balade en longeant le bien nommé boulevard des falaises qui se transforme très bientôt en boulevard de la corniche. Je m'enfonce dans une impasse qui n'en est une que pour l'automobiliste. Des petits sentiers me proposent alors de longer les falaises. Et de l'un de ces sentiers je me laisse bientôt capturer par l'appel des carelets, ces mignonnes petites cabanes de pêcheur typiques de cette côte Atlantique. La descente de la falaise vers les carrelets qui se trouvent en contrebas est assez hardue mais le point de vue se mérite.

Après avoir flâné quelque temps à écouter la mer s'abattre sur les rochers, je regagne le haut de la falaise et je poursuis mon chemin. J'atteins alors rapidement la conche des cadets. Ce n'est pas la plus belle plage de Meschers mais son petit côté sauvage et caché lui donnent un charme certain. On ne peut pas dire qu'il y ait foule, seuls trois bivouaqueurs d'un soir et deux pêcheurs sont au rendez-vous. La vue sur cette crique depuis la falaise est assez vertigineuse. Je descends bien sûr sur cette plage, tâche de ne pas réveiller ces messieurs, admire le paysage et je reste un instant assez admiratif devant une belle habitation troglodyte qui me semble bien éloignée des conditions de vie de nos ancètres très lointains.

Je repars, toujours longeant les falaises et je ne tarde pas à atteindre une seconde crique, abritant une plage un peu plus accueillante au sens balnéaire du terme, la plage des nonnes. Là encore, seuls les pêcheurs troublent la quiétude des lieux. Je m'avance alors au centre de la plage et je m'amuse à dresser le panorama que vous pouvez voir ci-dessous.

Et d'un coup, bien que le temps soit un peu couvert, bien que la température ne soit pas très élevé... plouf ! Pas de risque d'hydrocution, la première impression de fraîcheur passée, il fait même bon dans l'eau, un moment bien bien agréable et j'étais bien le seul ab... dans l'eau à cette heure du jour. Ce qui l'a rendu encore bien meilleur à mes yeux.

Enfin, le temps de se sécher, de regagner la maisonnée qui s'éveille à peine, j'ai une tendre pensée pour celles qui sont restées à Paris.

On se concentre alors sur l'objet de ce week end express, (bon anniversaire mémé) un repas de famille savoureux au restaurant La Forêt, à Meschers.

Puis déjà, il est l'heure de rentrer.