L'ascension du Pic du Midi de Bigorre !
le lundi 5 septembre 2005, 10:39
Pendant les vacances nous avons passé une semaine dans les Pyrénnées.
Une semaine c'est plutôt court. N'étant jamais venus dans la région,
nous nous devions de voir les incontournables. Le Pic du midi est l'un de ces
incontournables.
Nous en avons donc fait l'ascension ... par le téléphérique. C'est sûr, tout de suite, ça fait beaucoup moins aventure humaine. Encore que, ayant choisi le premier jour de beau temps consécutif à une période de pluie et de grisaille, affronter calmement les deux heures de queue pour monter et l'heure de queue pour redescendre, est une sorte d'exploit moderne, en relativisant bien sûr.
Stationnés à Labastide, dans le pays de Bigorre, nous empruntons la route du col d'Aspin, qui est aussi celle du légendaire col du Tourmalet (légendaire pour les adeptes de la petite reine), pour rallier le site de La Mongie, point de départ du téléphérique.
Aux abords du col d'Aspin (1 500 m d'altitude) un panneau prévient que nous entrons dans une aire d'estive où les animaux circulent en liberté. Et c'est bien le cas. Il convient d'être prudent car au détour d'un virage, et il y en a des virages sur une route de montagne, vous tombez facilement nez contre capot avec vaches ou moutons. La première fois, ça surprend un peu.
Personnellement, amoureux des grands espaces, le côté estive et transhumance m'a toujours fait rêver et j'apprécie donc le spectacle. Jusqu'à ce que, le temps d'une pause photo sur l'aire de parking du col d'Aspin, j'assiste au triste spectacle de vaches accourant vers deux touristes ayant décidé de leur donner du pain. Les vaches de ce plateau sont aussi conditionnées que les canards de nos villes. On est loin de l'authenticité montagnarde, mon mythe est un peu gaché.
Je retrouve un peu de cette authenticité le temps d'un pique-nique au
bord de la cascade du Garet juste avant La Mongie. L'accès depuis la
route est délicat car il a plu quelques jours avant et le terrain est
glissant. La cascade est belle, le bruit de l'eau limite les conversations,
le terrain accidenté limite le passage, et le déjeuner se passe
ainsi dans une ambiance plutôt monastique et contemplative.
Après cette pause, nous atteignons enfin notre objectif du jour, le point de départ à la station de La Mongie.
Alors je ne m'étendrai pas sur les côtés désagréables de l'affluence et du tarif de ce qu'il faut bien qualifier d'attraction touristique.
Je préfère me concentrer sur la découverte, enchanteresse à mes yeux, des lieux.
Le téléphérique pour commencer dont chaque cabine offre
une promenade impressionnante de quinze minutes à 46 personnes. Je ne
peux m'empêcher d'admirer la prouesse technique qui a bien dû faciliter
la vie des hommes de science qui ont décidé de s'installer là
haut.
Puis après avoir été hissé à 2 877 m, dès mes premiers pas sur la terrasse de l'observatoire mon regard est captivé par le paysage environnant. La terrasse Nord est la première que l'on aborde. Elle offre un paysage plutôt vertigineux sur des plateaux d'estives sur laquelle on devine quelques troupeaux de bovins. La plus belle terrasse est orientée au Sud et c'est là un superbe panorama sur les principaux massifs environnants qui s'expose : Gavarnie, Neouvielle, Mont Perdu, Vignemale, Pic du Midi d'Ossau, etc.
En fin de visite je m'aperçois également qu'il existe un accès côté ouest assez caché et qui, sur la lumière descendante du jour offre de belles images. J'admire notamment une sorte d'arc en ciel en demi cercle complet, effet optique assez rare dont j'oublierai le nom que me m'indique une personne des lieux.
Tant de beauté visuelle me ferait presque oublier le défi scientifique que représente cet obervatoire du Pic du Midi de Bigorre. Voici près de 130 ans que des générations de scientifiques et de passionnés se succèdent et apprivoisent le sommet dans des conditions plutôt difficiles.
D'abord station météorologique, l'observatoire devient rapidement un haut lieu de l'astronomie et de la cosmologie car il bénéficie de conditions d'observations exceptionnelles. On y observe notamment le soleil à travers le "coronographe". Le lieu sert également de relai émetteur radio / télévision. Enfin en 2000, dans une situation financière défavorable ses gestionnaires décident de son ouverture au public pour équilibrer le budget.
Il est à présent temps de laisser les scientifiques à leurs observations et de regagner une altitude plus commune. Cette journée fut tellement exceptionnelle que les derniers téléphériques ramenaient encore leurs visiteurs après 19 h alors qu'en temps normal, le dernier retour se fait à 16h30.
S'il est sûr qu'une importante fréquentation atténue la poésie des lieux, le voyage reste magique et vaut vraiment le déplacement, on a l'impression de toucher un peu de cet espace qui est ici tant observé.
Ah, un dernier conseil si vous décidez de tenter vous aussi l'ascension, prenez une petite laine, ce 24 août dernier, la température était de 4 degrés à 10 heures du matin. Je vous laisse imaginer ce que cela donne en plein hiver.
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Commentaires
Ces vacances étaient vraiment super!! On s'est vachement (pti clein d'oeil aux vaches) amusés!!! Gros bisoux a tout le monde!