Les récents troubles de nos banlieues m'ont donné envie de me replonger dans l'excellent "Pouvoir des innocents" en cinq tomes.

Le point fort, à mes yeux, de cette série est la manipulation. Et quelle manipulation, jusqu'au bout je me laisse surprendre par le scénario.

Morceaux choisis : New York, misère sociale, ultra violence urbaine, mouvements d'auto défense "citoyens" pour répondre à l'apparente impuissance des polices, politique extérieure à travers le désastre humain d'un ancien du Vietnam, politique en général, mafia, élection municipale, etc.

Bref l'Amérique dans toute sa splendeur de la misère au rêve américain.

Ajouté à cela l'excellence du dessin, du découpage et c'est un véritable bonheur de lecture que je me suis offert, même à la seconde lecture.

Quand je repense ensuite aux banlieues qui brûlent, la tentation est grande de se dire que Mr Sarkozy a un réel intérêt à avoir provoqué cette montée de violence. Calcul politique qui me semble évident. Cet homme me laisse dubitatif, ne sachant sur quel pied danser, retournant sa veste chaque jour. Quel gâchis, ce charisme et cette énergie auraient pu servir un dessein moins égocentrique.

Il y a des jours où j'ai honte d'être français.

Mais je crois que j'aurai encore plus honte d'être citoyen des États-unis d'Amérique, non pas du fait d'une bande dessinée bien évidemment, mais plus de ce que je peux entrevoir chaque jour, avec toute la prudence et le recul s'imposant à ce que nous transmettent nos médias.

La honte exprimée étant relative à la politique extérieure comme intérieure de ces deux pays dits civilisés et élite du monde moderne, et à l'apathie collective de l'occidental moderne. Moi le premier j'observe passivement, je critique gentiment, mais je ne fais rien. Tiens, il y a des jours où j'ai honte d'être moi.