Ce matin je me suis réveillé avec une douleur telle que j'ai eu envie de hurler.

Je n'ai pas réussi.

Aussi je ressens le besoin d'évacuer ça par quelques mots qui finiront par former quelques lignes.

Quand j'étais en bas âge, vers 8-10 ans je me souviens m'être dit que je ne voudrais jamais me marier et jamais avoir d'enfant.

Aujourd'hui j'ai grandi, du moins par la taille et par l'âge et je le ressens comme une incroyable prémonition.

Le temps et une rencontre formidable ont fait que je me suis marié et que j'ai une petite fille que j'adore.

Et encore une fois le temps, une bonne dose de non-dits, de laisser-aller et la complexité à conjuguer le mot aimer au quotidien font que cet union est devenu désunion.

Et je ne peux m'empêcher de me dire que cette prémonition n'en était pas une, qu'il s'agit plutôt d'une conviction arbitraire qui m'a poussé à ne pas vivre pleinement ma vie, à me laisser porter par la facilité d'un amour fusionnel, sans jamais prendre le risque de me remettre en question, sans prendre le risque de m'intéresser à une femme qui pourtant l'aurait mérité.

Avec le recul, je pense que ce choix arbitraire de petit garçon m'est venu en observant les couples autour de moi, à commencer par ceux de ma famille. Je pense qu'à cet âge j'ai pris conscience que de nombreux couples sonnaient faux, restaient ensemble pour des raisons qui m'étaient étrangères, ou qu'ils se séparaient dans une violence injustifiée et dans ces moments là les enfants sont en première ligne. L'objectif était clair, ne pas souffrir, ne pas faire souffrir.

Je suis heureux de ne pas m'être résolu à suivre cette voie, le bonheur passé justifie le mal être actuel. Et si ma fille qui n'a rien demandé risque de raviver continuellement la plaie de cet amour perdu, elle est aussi ma raison de vivre, de me battre et de surmonter ce passage. L'objectif est clair, minimiser ses inévitables souffrances.

Dans un moment comme ça, j'ai envie de me laisser ensevelir dans une chappe de béton et partir ainsi avec uniquement les souvenirs de ce chemin accompli qui jusqu'ici n'était pas si mal, indéniable appréhension des moments à venir, comme s'il n'était plus possible d'être heureux.

20 ans après ce premier pacte avec moi-même j'ai bien envie d'en faire un nouveau du type plus jamais ça. Je me sens à deux doigts de basculer dans le terrorisme sentimental, de me transformer en un de ces salauds qui pillent le coeur des femmes, simplement pour ne plus prendre le risque de souffrir autant. Car si cela en valait vraiment la peine, je ne suis pas sûr d'être capable de survivre à un nouvel échec.

Alors je sais bien que ce deuxième pacte je risque de le trahir aussi mais pour l'heure mesdames et mesdemoiselles, fuyez-moi, fuyez-moi !

Nota : j'ai bien conscience de verser un peu dans l'exhibitionisme sentimental, en même temps, c'est pour moi une forme de thérapie, je veux me croire capable de dompter seul mes démons intérieurs. Gardez en tête qu'il ne s'agit là que de bribes de moi-même, de photographies de mes états d'âme à un instant donné, et si d'aventures ce contenu vous génait, une petite croix en haut et à droite de cet écran vous permet d'y remédier en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.