Les revoilà
le jeudi 10 août 2006, 02:36
Je croyais m'en être débarassé sinon définitivement du moins pour longtemps.
Il semblerait que je me sois trompé.
Depuis une dizaine de jours je sens leur présence.
Ca a commencé l'air de rien, le premier jour j'ai eu un doute, une sensation insignifiante.
Puis petit à petit je les ai reconnus, quand on les a tant cotoyés, on ne peut pas les oublier comme ça.
Ils sont du genre à vous marquer à vie.
J'ai commencé par ne pas y croire, non, après tant d'efforts à les combattre, victoire après victoire, je ne pouvais pas les laisser me réinvestir aussi facilement.
Aujourd'hui, je constate, ils y sont parvenus.
Mes vieux démons sont de retour.
"Non confiance en moi", "Angoisse phagocytante", "Difficulté à communiquer", "Ambiance neurasthénique digne du cocker".
C'est dur de l'admettre, dur d'avoir cru passer un cap, dur de se rendre compte finalement que le cap n'est pas si loin derrière soi et que je peux replonger si facilement, comme le mec qui arrête de fumer pendant 6 mois et qui craque à la première épreuve.
Dans un tel état j'en arrive à me détester.
Tel un Tristus je parviens à anéantir toute la gaieté des Rigolus.
Ceux qui ont pu tenter de me sortir de cet état, d'être enthousiaste pour moi, de relativiser mes petits tracas s'en sont mordus les doigts.
C'est dans ces moments que j'en viens à m'isoler.
Eviter de faire plus de mal que cet état en génère déjà, sortir du cercle vicieux, ne pas ajouter au mal être la culpabilité de pourrir mon entourage.
Quand j'ai tant de raisons d'être heureux c'est plus fort que moi, je créé une faille, j'y plonge et je m'y noie.
J'ai un côté éternel insatisfait de moi même.
Heureusement, certains signes me prouvent que j'avance.
D'une part, je prends immédiatement conscience de cet état. Je ne me contente pas de m'y noyer, de m'y complaire, de me fermer, de m'isoler. D'autre part, de cette prise de conscience je tente d'avancer. Je ne fuis pas trop le dialogue, j'arrive à minimiser les effets, à réussir à vivre des moments authentiques et légers.
Alors, vous me direz et certains feront même montre d'une certaine impatience quant au sujet, quelles sont les motivations de ce pleurnichement sur moi-même.
Un simple débordement professionnel, sorte de trop plein, incapacité à dire non et à gérer l'ingérable. Ajoutons à cela une résurgence de culpabilité sur l'échec de mon mariage, sur l'inévitable distance que j'impose à ma fille. Ajoutons à cela le temps qui me fuit et la frustration de ne pas pouvoir répondre à mes envies.
Bref, trois fois rien au regard de tant d'autres motifs de satisfaction.
Trois fois rien qui me hantent, m'obsèdent bien plus qu'il ne faut.
J'engage donc un nouveau combat, je croise à nouveau le fer avec mes vieux démons. Je vais être contraint de vous repousser de nouveau et plus vite qu'à l'accoutumée.
Pendant ce temps, au Liban, tant de gens ont de vraies bonnes raisons de tirer une gueule d'enterrement.
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Commentaires
Les vieux démons, par définition, reviennent régulièrement. La seule différence c'est le temps qu'ils restent... Espérons que ce soit court maintenant pour toi.
Le gimmick judeo-chrétien j'en ai soupé. Alors je dis STOP ! Je n'ai aucune complaisance, et encore moins de compassion pour l'autoflagellation. N'en déplaise au Pape et à sa clique fagotter façon "toile de juste". Pour la perfection nous rendrons des comptes au grand architecte en sa presence, pour l'instant en tant qu'être "humain" nous nous devons de revendiquer le droit de nous tromper, le droit à l'EXPERIENCE.
La messe est dite : "Bref, trois fois rien au regard de tant d'autres motifs de satisfaction." ++
... un pote, peut-être que je te dirai simplement : "arrête de te prendre la tête, et vis avec tes 6 sens et tes dix doigts" c'est prometteur !
"La nature a horreur du gazon anglais." J.A Bertrand
Moi, je trouve déjà pas si mal d'en parler comme ça. Tu as bien vu la dernière fois, tu t'expose, tu communique avec la terre (enfin ceux qui lisent ce blog), et pendant ce temps de libération, comme la peau frisonne pour exprimer sa réaction au froid, les choses passent d'elles même. Tout passe, même nous.