Avertissement : cette note peut présenter des allures de nombrillisme. Ce n'est pas faux. Ceci étant, il s'agit pour moi de prendre un temps d'introspection, de partager éventuellement cette introspection avec mes proches. Si cela ne vous intéresse pas, n'hésitez pas à passer votre chemin.

Ça pourrait faire le titre d'un roman, ce ne sera que celui d'une note d'un dimanche soir.

Pas de note depuis le 23 octobre.

Je ne me hasarderai pas une fois de plus à écrire qu'après une grande carence de caractères et d'écrits je dépoussière ce blog.

Ainsi soit-il et ainsi soit-je. Inconstant, je passe d'un cycle à l'autre sans pour autant qu'il y ait un quelconque rythme établi ni la moindre logique macroscopique.

Ce blog reflète assez bien ce que je suis, ce que je vis.

Pas vraiment d'écrits depuis l'été.

Le 10 août dernier je détectais l'arrivée de vieux démons.

Je ne m'étais pas trompé.

Six premiers mois de l'année torturés, introspectifs, je me remue, je me violente, j'avance, je rencontre, je m'ouvre, je multiplie les expériences, je bouscule mes interdits, je m'interroge, je souffre, je me retrouve un peu, j'aperçois mes envies, mes désirs, je m'engage, j'avance.

Les six derniers mois ont été à l'inverse une phase de recul, lente, à peine perceptible mais bien réelle.

Que s'est-il donc passé ?

Il est certain que la relation passionnelle démarrée avec Virginie au printemps dernier entre en partie dans l'alchimie complexe de cet état d'âme.

Je vois déjà venir au grand galop les rappels des mises en garde d'alors du type "tu vas trop vite !" ou encore le fameux "tu es malade !".

Non, aujourd'hui, je reste persuadé que mes choix et que notre choix ont été les bons.

Quoi donc alors ? Je sens les manifestations hystériques des plus impatient(e)s d'entre vous :)

La première chose a été d'accepter le caractère définitif de ma séparation avec Hélène, et d'autant plus avec Lise.

Faire le deuil de près de dix ans de vie commune, d'amour, d'intimité.

Comment parvenir à assumer mon rôle de père auprès d'une petite fille que je vois 3 jours sur 15 ?

Tout ça n'est pas encore bien maîtrisé, et si l'émotion ne transparait pas dans mon écriture, c'est que l'écran et les caractères numériques ne sont pas altérés comme peuvent l'être l'encre sur une feuille de papier.

Lise me manque, c'est incontestablement la cause principale de mon mal être récurrent.

Je prends sur moi et j'essaie de lui donner le mieux de moi-même à chaque fois mais il est sûr que les enfants sentent ce genre de chose et qu'il me va falloir arriver à dépasser ça pour qu'elle ne se sente pas responsable de quoi que ce soit.

Au palmarès des semences de spleen se trouve pour moi mon job. La dernière note de Noesis dénonce l'aliénation que devient le travail pour l'Homme moderne. En ce qui me concerne, j'ai un penchant naturel à ne pas savoir dire non, doublé par un associé qui a lui un penchant naturel à dire toujours oui et triplé par une sorte de masochisme de ma part à aimer l'adrénaline suscitée par les périodes de charette. Le problème c'est que ces trois ingrédients cumulés m'ont conduit à 6 mois de surcharge, un nombre de nuits de travail égalant presque mon record d'intégra, un stress permanent générant un eczéma psychosomatique au mieux de sa forme, une fatigue latente, une humeur changeante, sans compter mes petits soucis d'articulation, bref, un physique pas au top.

Disons que ça m'a permis de fuir le manque de Lise mais que ça m'a bien plombé par ailleurs.

Sur les points positifs, on peut dire que ma relation avec Virginie se passe bien et qu'elle m'a apporté un peu d'équilibre, et permis de traverser cette période terne avec une certaine allégresse.

Avec quelques effets pervers toutefois.

Une mise en parallèle assez inattendue et douloureuse entre les deux histoires passionnelles de ma vie.

Le côté passionnel du début, un retour d'une certaine difficulté à communiquer me renvoyant à mon enfermement avec Hélène, les angoisses de ma compagne suscitées par cette incommunicabilité et le sentiment surréaliste que je ressens à leur suite, ma difficulté à faire des compliments, ma difficulté à exprimer mon amour, etc.

Et je ne m'étendrai pas sur la crise d'angoisse suivant l'évocation de l'hypothèse de peut être avoir un jour un enfant...

Bref, je pensais avoir beaucoup avancé, et il est assez douloureux de se rendre compte que sur bien des points je n'ai pas vraiment avancé.

Le parallèle s'arrête là, j'ai tout de même dix ans de plus, une expérience importante, une petite fille, une histoire d'amour passée dont je garde de bons souvenirs, une nouvelle histoire d'amour qui présente de nombreuses nouveautés et particularités, et j'ai quand même un peu avancé sur certaines choses.

Tout ça pour en venir où.

Six mois de silence, six mois de fuite, six mois de nouveau à majoritairement subir ma vie plutôt qu'à la conduire.
Ne vous y trompez pas, j'ai eu beaucoup de joie dans ces six derniers mois mais je n'en ai pas été le principal moteur.
Je tente un nouveau coup de volant.
On verra bien où cela nous conduit.

En attendant, ça sent l'hiver, les préparations de fin d'année battent le plein, la trève des confiseurs arrive à grands pas, les vacances d'hiver se profilent doucement, on va tâcher de profiter un peu de tout ça sans pour autant oublier le monde qui nous entoure. Et un heureux évènement se prépare parmi tant d'autres, la petite Nell sera bientôt parmi nous et elle nous parle déjà...

A bientôt...