Qui de nous deux...
le dimanche 2 décembre 2007, 00:08
L'informatique me rend-il service ou suis-je le jouet de mes jouets ?
Non, je n'évoque pas une suite de Terminator ni l'avènement des fantasmes d'Isaac Asimov (bien que certains y travaillent), je me pose simplement la question là, ce matin.
Qui est l'esclave ?
Prenons un peu de recul.
Certes, mon bel ordinateur me sert pour tout aujourd'hui.
Il me permet de faire mes achats, de me documenter, d'écouter de la musique, de récupérer des séries que je ne pourrai que très difficilement voir autrement, d'échanger avec quelques amis, de travailler, d'organiser mes vacances, mes loisirs ou de trouver ma nouvelle voiture.
Bref, puis-je encore vivre sans ce formidable outil qu'est mon vaio en dépit du fait qu'ayant pris le modèle 17 pouces il m'explose le dos quand je joue la fibre écolo et me déplace à pied ou en vélo ?
Ajoutons à ça les applications dites sociales abusivement et habilement marketées Web 2.0 (pour ceux à ce concept aurait échappé, je vous conseille le hors série de Courrier International sur la révolution 2.0).
Les blogs, del.icio.us, technorati, igoogle, yoono, eBay, Priceminister, youtube, Sellaband, Wikipedia, Flickr, Digg, Myspace, Netvibes, les excuses ne manquent pas de pour se noyer dans ce foisonnement d'informations et de désinformations, de culture et d'abrutissement, de socialisation et de désocialisation.
Considérons également que je suis tombé dedans au sortir de l'adolescence, tombé par hasard sur ce média émergeant pendant mes études, mon premier boulot fut au coeur du décollage du Web. J'ai participé à cet essor, pris dans la folie des startups, je m'y suis donné corps et âme avec plus ou moins de réussite à l'arrivée.
Aujourd'hui, je baigne toujours dans ce milieu mais avec un peu plus de mesure, les projets que je développe sont généralement des projets d'entreprise, rentables, relativement rationnels.
Alors de quoi je me plains ?
Dois-je considérer que l'échec de mon mariage découle de mon investissement démesuré dans un boulot phagocytant ou simplement du fait de ne pas avoir ouvert les yeux assez tôt sur ce qui devait arriver ?
Pourquoi est-ce que je ne me débarasse pas une fois pour toutes de cet engin sur lequel je vais perdre des heures à trouver des idées de sortie ou de week end - souvent en vain - alors qu'il serait si simple de partir à l'aventure et de se laisser guider à l'instinct ?
Est-il raisonnable et mature de se laisser aller à une excitation enfantine à l'idée de changer de pc ou de s'acheter le dernier gadget à la mode ?
Comment accepter le pouvoir exercé par un logiciel comme Picasa de Google. Ce programme de gestion de photos me permet de faire défiler toutes mes photos classées chronologiquement. Près de 10 ans d'archives. Quand je me hasarde à parcourir toutes les photos comme aujourd'hui je suis pris de vertige et d'inévitables errances intérieures savamment occultées ressurgissent sournoisement.
Seul face à mon ordinateur, est-ce que je vais mieux ou est-ce que je m'enfonce dans mes méandres ?
En attendant de trancher cette question d'une haute importance métaphysique, en ces temps où les commerces, les grands comme ceux de proximité, deviennent invivables, Internet me permettra d'éviter en partie l'hystérie collective qui gagne mes contemporains, c'est déjà ça.
Cet article appartient à la catégorie 100 états d'âme
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Commentaires
Vivre avec son temps, quand on doit gérer le sien, ce n'est pas toujours facile. Mais ça aide. Ton ordi, c'est comme ton ex. c'est à toi de sentir quand il est bon d'appuyer sur le bouton "off". Même si parfois une simple mise en veille suffit à recharger les batteries.
Ah, la grande question ! Primo, je ne souhaite pas particulierement que tu abandonnes ce génialissime outil immédiatement. Nous avons encore 2 ou 3 trucs à lui faire faire... :) Secondo, effectivement, a choisir entre la cohue des grandes surfaces et les clicks dans mon canapé, le choix est vite fait ! Le grand pouvoir du PC c'est ce qu'il amène chez toi...Mais c'est sur, ca bouscule un peu le chez soi du coup. Il s'agit ensuite de bien gérer l'affaire. Tertio, tu changes de voiture ?
Je crois qu'au fil du temps j'ai réussi à trouver une sorte de juste milieu. L'expérience aidant, je suis aussi un tantinet plus efficace dans mon utilisation, mes recherches et mon job. Mais je me rends compte avec un peu de recul que je suis sur la frontière de l'excès et qu'il faut rester vigileant. La vigileance et la prise de connaissance de cette frontière, et la quête de son juste milieu, je pense que c'est un véritable défit pour la génération en devenir. Il suffit de les voir au quotidien pour s'en rendre compte. Et pour ce qui est de la prétendante au titre de nouvelle voiture Seb, si tu veux, tu peux même venir l'essayer mardi 10 à 13h avec moi car je l'essaie à 500 mètres de ton lieu de travail ;)
Le web, comme tu le dis, formidable outil de recherche et de "tri" sélectif dans des domaines aussi personnel (loisir, jeux, actu, voyages...) que professionnel entraine plus de choix, plus d'accès à tous et rapidement. Indéniable. Et nous voici confronté comme sur les bancs de l'école à cette question métaphysique du rapport ambigüe entre le choix et la liberté... Si l'un et l'autre "couche" ensemble à n'en point douter, il y a perversion : + de choix, + de "diffuckultés" à choisir donc, but ultime + long de se mettre à FAIRE. Marrant, on gagne du temps d'un côté que l'on perd de l'autre. Mais surtout, et ça, c'est le second effet kiss cool, avec ce choix multiple presque instantané, survient le doute d'avoir fait le BON choix, ou au moins le meilleur? Notre action, (par ex. c'est dimanche avec les puces, aller ramer au bois de Vincennes ou faire un tour au jardin d'acclimatation? ou...) en est altérer. Et c'est le doute d'avoir opté pour la meilleure option du moment, sans parler du temps perdu à tenir compte des paramètres de TOUTES les options pour se décider, enfin (!) à partir. Il arrive même qu'il soit trop tard et que la nuit soit tombée ! :( Bref. C'est tout le package qui vient quand on y réfléchis d'un peu plus près. Alors, internet anti-spontanéité? Antinomique de l'imprévu? Chercher + et - faire? No réponse. Dans tous les cas, j'ai une pensée très tendre pour ce blog dans lequel je m'égare (au lieu de travailler) qui, s'il n'avait pas existé, aurait sans doute changer un gros paramètre de ma vie actuelle........ ;) Vive internet ET l'imprévisible grand n'importe quoi ! @bientôt