Mardi 26 mai, 21h30 Skala Kalloni

Cette nouvelle journée s'est assimilée à un marathon.

Histoire de bien commencer la journée, nous sommes allés arpenter le parcours dénivelé du parc de la forêt pétrifiée, non loin de Sigri. Voici 20 millions d'années, une intense activité volcanique a enseveli la forêt primitive de la région sous d'importantes coulées de lave. Un processus de fossilisation de nombreux troncs d'arbres, parfois avec les racines, s'est enclenché et nous permet d'admirer aujourd'hui, comme une fenêtre sur le passé, des vestiges d'ancêtres de séquoias, de palmiers, de cyprès, de conifères, mais aussi des fossiles de feuilles, fleurs ou graines. La taille de ces troncs de pierre impressionne autant que les couleurs fascinent dans leurs variations de blanc, de rouge, d'orange, de vert, de jaune ou de marron. Les troncs les plus prestigieux sont mis en avant dans des montages similaires à ceux utilisés en Egypte pour mettre en valeur l'entrée de tombeaux ou les obélisques gigantesques inachevées et laissées à l'abandon dans d'anciennes carrières de granit.

Le soleil est bien là et cogne dur à l'approche du zénith. Heureux de n'être qu'en mai, nous filons de nouveau à Sigri visiter le complémentaire musée de la forêt pétrifiée qui reprend de manière plus descriptive et plus mise en scène différents fossiles et les processus volcaniques qui les ont créés.

Au départ du musée, c'est sur le trajet vers Eressos que le coup de bambou solaire reçu le matin a produit sur Virginie une céphalée carabinée, du genre à être très mal. D'autant plus qu'après une pause déjeuner à Eressos, nous avons dû refaire la route vers Sigri dans un inutile aller/retour pour retrouver un bien précieux oublié le matin dans la chambre. L'heure et demi ainsi perdue sur une petite route digne d'une piste de brousse africaine reliant les deux bourgs achèvera madame qui aura un gros coup de mou sur la plage de Skala Eressos, patrie de la poétesse Sapho.

Ce site très balnéaire et légendairement attractif pour les couples féminins offre une plage plutôt sympa mais qui ne sera du coup pas vraiment notre meilleur souvenir. Sur les coups de 19h, Virginie revit un peu et nous tentons une percée plus au centre de l'île pour nous rapprocher du sud qu'il nous reste à visiter.

Après plusieurs tentatives vaines, nous finissons par arriver à Skala Kalloni, l'un de nos lieux de farniente plagesque quelques jours plus tôt. Débarqués vers 21h, nous avons trouvé une chambre assez confortable et très spacieuse en à peine quinze minutes, une demande à un patron de bar, un coup de téléphone, la gérante qui débarque et nous voilà logés pour la nuit.