C'est en janvier 2008 que j'ai découvert les Vampire Weekend sur la vidéo d'un concert à emporter de la blogothèque. Immédiatement conquis, je me suis rué sur l'album.

Encore rares en tournée en France, j'ai loupé la seule date l'année passée.

Alors quand j'ai vu le groupe programmé au festival Rock en Seine, ni une ni deux, il était dit que le vendredi 28 août j'emmènerai ma petite troupe se balader du côté du domaine national de Saint-Cloud.

Et quel est le plus gros avantage d'un festival ? C'est que l'on n'y voit pas un concert mais près de huit heures de concerts. Au programme de la journée de vendredi, entre autres, Just Jack (loupé car arrivés trop tard), Amy MacDonald, Oasis, Bloc Party, Keane, et … les Vampire Weekend.

Un festival c'est aussi un esprit bon enfant au premier abord, une exposition d'art urbain à laquelle je reviendrai plus tard, une exposition d'affiches où chaque groupe programmé se voit croqué par un artiste différent, des jeux à la con organisés par des sponsors à la con, et surtout un festival parallèle de nourritures du monde que Virginie ne démentira pas.

J'allais oublié aussi le lâcher de boules Quiès histoire de faire son rebelle pendant les concerts de Rock en Seine, mais non voyons, c'est juste pour se protéger un peu les tympans parce que quand même les mecs ils envoient. Ben oui mais c'est quand même moins joli en sourdine. Ben oui, ben démerdes-toi !

Ok, ok, revenons à la musique.

Notre premier vrai concert ce sera la fin du concert de Keane. Du son bien établi, efficace, de nombreux fans sont au rendez-vous.

On s'essaiera après à Asher Roth mais là, Asher Roth sur scène, ça avait un je ne sais quoi de "too much" pour nos oreilles, et c'est là que les plus fins d'entre nous ont compris l'utilité des boules Quiès.

Du coup, c'est le moment choisi pour une fuite raisonnable pour visiter les expositions et nous ravitailler.

On reprend ensuite par un concert de Amy MacDonald, qui est donc le groupe a elle toute seule si on se fie au nom de celui-ci, gentillet, mignon, mignonne, et qui essaiera donc d'envoyer un peu sur un ou deux titres histoire de coller un peu plus au thème du festival. Paske bon, Amy MacDonald, c'est quand même plus pop/folk que pop/rock. Ah, mes excuses, finalement, Wikipedia la classe dans le genre folk/rock (oui, je sais, citer Wikipedia comme référence absolu, ça énerve, je le fais exprès).

Et nous voilà gentiment arrivés à 20h, l'heure du concert des … Vampire Weekend. Ok, je vois qu'il y en a au moins un qui suit. La foule commence à grossir un peu pour faire face à la grande scène. Du coup, nous sommes bien content d'avoir réussi à nous faufiler dans le premier tiers proche de la scène. Quand les musiciens envahissent celle-ci, je suis surpris car ils font vraiment tout jeunots. En revanche, quand ils se mettent à jouer, j'oublie leur faciès juvénile et je me laisse transporter. Vampire Weekend, c'est une musique pas comme les autres, mélange de rock et de rythmes africains. C'est le genre de musique qui vous met la pêche quand vous ne l'avez pas, qui vous tire un sourire d'un visage renfrogné. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer l'ambiance monter rapidement au sein du public, de voir les gens se remuer, virant au pogo gentillet (on saute un peu n'importe comment au risque de collisionner ses voisins), voire au slam ( on se fait porter par la foule).

Au moment précis où les rangs se sont resserrés sous la pression d'une file interminable de gens qui perçaient vers le bord de scène, nous avons pris la poudre d'escampette vers un côté plus aéré car les mouvements de foule en étant pressé comme un citron ont un petit quelque chose d'inquiétant du genre, on va se faire marcher dessus, et ce ne sont pas les orteils de Nico dans ses tongues qui me contrediront.

En bref, en dehors du public un peu trop en transe, le concert était à l'exacte hauteur attendue, et si vous ne connaissez pas encore leur musique, je vous invite à vous y précipiter.

On se fera un petit coup de Bloc Party à distance pour se remettre un peu mais j'ai trouvé la sono tellement horrible sur celui-ci que je reconnaissais à peine les quelques titres que j'apprécie de ce groupe.

Le temps d'un verre au barre Heineken où nous ne manquerons pas de reluquer les hôtesses blondes à forte poitrine attirant le chaland -non non nico, tu ne peux emmener que le verre, pas l'hôtesse -, puis un coup de craquage au stand Haribo où la banane géante s'est révélée être une pure arnaque dépourvue du goût de banane chimique du modèle standard, et nous retournons vers la grande scène pour ce qui est censé être La programmation du soir, le groupe Oasis.

Échaudés par l'épreuve de la fosse de 20h, nous prenons gentiment place en retrait, sur le côté. La foule qui se masse tout autour de nous est vraiment impressionnante, trente mille personnes d'après ce que j'ai pu lire à droite ou à gauche (non, je ne parle pas de Libé ni du Figaro).

En lieu et place du concert, nous aurons le droit à une petite voix criarde à l'accent digne d'un Fatal Picard nous annonçant que les frères Gallagher se sont encore entretués, que le concert est annulé ainsi que le reste de leur tournée européenne.

Grosse déception parmi la foule, bon, nous, on s'en fout, on a vu les Vampire…

On quitte le festival dans la foulée, épuisés par cette journée pas comme les autres, asphyxiés par la poussière soulevée par les pas de milliers de gens.

L'espace d'un instant, j'ai cru m'être retrouvé dans une série B entouré de zombies. Un festival, c'est aussi un record garantie en densité de déchets humains aux regards vides.

Ci-dessous deux photos de merde, je n'avais pas emmené mon appareil photo car il était bien spécifié que c'était interdit mais ce n'était visiblement pas la préoccupation principale du personnel de sécurité vu le nombre d'appareils que j'ai vu. La première c'est une photo des Vampire Weekend parce que merde, et la seconde juste une illustration de Slam, regardez bien, on voit quelque chose sortant un peu de l'ordinaire d'une posture humaine.