Il est des jours où la journée ne démarre pas sur la meilleure des impressions.

Des jours où votre compagne se retrouve à demi agonisante après l'absorption d'un demi citron chaud sur les conseils d'une amie chamane du XVème.

Des jours où en arrivant en retard au bureau votre premier labeur est d'affronter votre client préféré, jamais vraiment content.

Les rares fois où il exprime son contentement, il y a généralement la petite réserve ou la petite vanne assortie du genre pas mal mais ça aurait pu arriver plus tôt. Et souvent, les hostilités reprennent très rapidement.

Comme ce matin par exemple où le client est inquiet. Ben oui, inquiet que son délai de livraison de l'application du siècle soit retardé. Inquiet que je n'ai pas de solution miracle parce qu'il n'y en a pas et qu'il risque de se faire charrier par son "grand patron".

Des jours encore où vous luttez pour corriger les anomalies sans fin d'une application trop vite développée et où ce cher client vous appelle en fin de journée pour vous dire que la petite remarque que vous lui avez formulée est tout à fait juste et que cela va nécessiter de changer trois fois rien pour lui mais quelques heures de plus pour vous que vous n'avez définitivement pas.

Et puis des jours toujours où votre nouvelle prof de photo vous appelle à 18h30 pour vous dire que vous avez rendez-vous à 18h et qu'elle vous attend, vous dans le XVème, elle dans le XVIIIème, arrondissement pas siècle.

C'est là que les choses s'accélèrent, que vous avez le choix entre poursuivre votre journée maussade ou vous prendre un peu en main et lui donner une autre tonalité à la journée.

Un vélib, un petit tour du côté de la porte de Saint-Ouen, quartier que je fréquentais régulièrement une quinzaine d'années plus tôt, une rencontre, une discussion, un échange, un rendez-vous pris pour la semaine prochaine et l'envie que l'alchimie prenne.

Des jours encore où vous retrouvez votre moitié du côté des Abbesses et qu'au hasard d'une rue petite rue vous vous laissez happer par un petit restaurant créole au doux nom de Armelle et Henri.

Il y a quelque chose de surprenant chez les restaurants créole, une atmosphère, une ambiance, tout est toujours chaleureux, détendu, bon enfant. On s'y sent un peu chez soi mais pas au sens saoudien du terme, comprenne qui pourra. Nous y rencontrerons Jimmy le serveur jovial, un couple surprenant, une étonnante ingénieur psychanalyste et criminologue, le tout baigné de marmite de la mer arrosée de ti-punch, de planteur, les ingrédients d'une bonne soirée en somme.

Des jours enfin où vous enfourchez votre vélib sur le chemin du retour suivi de près puis de loin par votre compagne à scooter et où la forme venant vous traversez Paris de Pigalle à Mouton Duvernet en vingt six minutes et où vous vous dites que bon an mal an, la vie est faite de possibles surprises.

Vivement demain !