Comme un 11 novembre
le mercredi 11 novembre 2009, 23:55
Certains jours, je me lève avec suffisamment de motivation pour combler avant la tombée de la nuit les tâches en retard accumulées ces derniers mois.
Ce mercredi 11 novembre, jour chômé à la mémoire de l'armistice de la Grande Guerre, j'ai fini par me laisser dépasser par les évènements et à voir s'évaporer toute cette motivation au point de me demander si je ne l'ai pas rêvé.
Rien que pour m'extraire du lit il m'a fallu encore plus de temps pour me décider que lors d'une journée de labeur consacrée au match quotidien m'opposant à mon client préféré.
Petit déjeuner classique en agréable compagnie qui se terminera par la lecture du tome 1 de DMZ. Et ce fut une agréable découverte. J'attendais de lire cette série US depuis que la magie d'Amazon me le recommanda après l'achat de la série Y Le dernier homme. Et si j'aurai préféré recevoir ce conseil d'un ami de chair, je dois avouer que la technologie a aujourd'hui bien fonctionné. Lire DMZ, en ce jour d'armistice, c'est un peu comme aller voir le drôle de Noël de monsieur Scrooge un 25 décembre. Ce Comic Book de Brian Wood et Ricardo Burchielli décrit la survie d'une population confinée sur une île de Manhattan dévastée et réduite au statut de zone démilitarisée. Cette DMZ sépare les deux parties armées à l'origine d'une seconde guerre civile américaine fictive. Autant dire que ce n'est pas la fête et si DMZ a un petit côté post-apocalyptique tendance dans la veine de nombre de fictions récentes comme anciennes, on y ressent surtout un côté assez réaliste dans l'état de siège permanent que peuvent vivre des populations comme les soudanais, les irakiens ou les afghans. Vivre chaque jour comme le dernier, montrer l'absurdité de la guerre et la débrouillardise de populations imposées à l'horreur sont les thèmes principaux, le scénario est assez bien construit, à voir s'il tient sur la longueur.
Une fois achevée cette lecture, un brin de toilette, quelques tâches ménagères, et la matinée n'est déjà plus. Première réorganisation des priorités, la liste des tâches fond de moitié.
Vers 14h, je donne mouvement à mon corps assez chargé (de matériel) en direction de Saint-Ouen pour tenter de nouveaux essais d'une série photographique en devenir.
Auparavant, petit plaisir vain de la journée, je lâche un nouveau livre voyageur dans un panier de Velib de la station Pernety. Un "road novel" assez inattendu qui trouvera sûrement lecteur mais un lecteur qui ne jouera probablement pas comme pour mes deux tentatives précédentes le jeu du "j'ai trouvé ton livre merci". Peu importe, l'intérêt de la chose est de donner une seconde vie à un livre plutôt que de le laisser prendre la poussière sur des étagères.
Pour en revenir à ma série photographique en devenir, sa réalisation nécessite un ciel favorablement chargé de nuages, c'est-à-dire évitant le blanc fade d'une couverture nuageuse homogène comme le bleu azur d'un ciel d'été. Or, à l'instant où je m'installe, le ciel en train de passer du blanc au bleu à mon plus grand dépit. Quand je commence à trouver des angles intéressants, le dernier nuage se rit de moi et sort du cadre. Bon, tant pis, je tente au moins de trouver des cadrages pour refaire les images un jour plus clément. Sous le regard bienveillant du gardien des lieux qui ne manquera pas de m'indiquer qu'il peut m'interdire de prendre des photos de son côté du trottoir mais pas du côté opposé.
Au moment de quitter les bords de Seine, je constate que près de deux heures se sont écoulées entre repérages et temps de pose, il est un peu plus de 16h30 et je réalise que nous sommes bien entre automne et hiver, car le soleil est sur le point de passer sous l'horizon. En deux grosses poignées de minutes, les ombres s'abattent tout autour de moi, la récréation imagée est terminée, oublié le souhait de prolonger la séance sur un deuxième lieu. Je prends le chemin du retour .
Entre quelques nouvelles tâches ménagères, une séance d'achats domestiques, une revue de Web où j'apprends entre autres que la fin du monde ne surviendra finalement pas en 2012 et que les politiques confirment quotidiennement leur absence totale de crédibilité, et il est déjà l'heure de dîner. Sur une incompréhension, mes achats du soir resteront au placard. Nous décidons de passer commande au Wok Bar qui nous préviendra une heure plus tard qu'il est inutile d'attendre davantage le livreur, le malheureux ayant eu un accident. Dingue ! Sauvés par une nouvelle tentative de livraison japonaise, nous achèverons ce jour férié sur le premier volet de l'adaptation de la série romanesque suédoise Millénium. Du bon thriller, rien d'hyper novateur mais une ambiance et des personnages qui changent un peu, tout cela me donne envie de lire la suite.
Oubliée la motivation du matin, mises de coté les tâches non réalisées, en cette journée du 11 novembre, bien au chaud loin des tranchées de 14-18 comme de l'horreur ordinaire de Bagdad ou de Falloudja, il est temps d'éteindre lumière et esprits.
Cet article appartient à la catégorie Au fil de l'eau
Cet article peut être consulté à l'adresse permanente ci-dessous :
http://www.speigallery.com/post/2009/11/13/Comme-un-11-novembre

Commentaires
Veux tu le croire ? Pensé affectueusement à toi en passant précisément devant ta fabrique de nuages de Saint Ouen, tôt le matin avec beau ciel bien nuageux.
Pour ma part en voiture, direction Dieppe pour la journée, avec un compagnon qui dit stop à la photographie, qui demande grâce pour la journée. Du coup ( acte manqué dû à la culpabilité ?) je rate complètement le test, fait avec le nouvel Holga bricolé, sur les plages normandes. Film à la fois odieusement surex et péniblement voilé.
Jour férié où le plaisir de souffler est étonnamment contrebalancé par la déception de ne pas vous voir Sandra et toi...
Une vraie fée du logis quand tu t'y met. Mais tes tarifs sont encore trop élevé...
Hâte de voir celle d'Ivry.
PS(Je t'en parlerai plus de vive voix, tu connais mon faible pour un concret plus sonore !)