En ce moment, mes journées sont longuement consacrées à dépiler des listes d'anomalies et à résoudre des bogues applicatifs, un must en terme d'activité passionnante.

Chaque lundi matin, je me plonge dans d'inextricables lignes de codes desquelles je m'efforce d'extraire l'indésirable malice binaire, et je me retrouve aussitôt au vendredi soir, avec la sensation désagréable d'avoir trimé un mois durant sans souffler, tout en étant encore en plein cœur du tunnel.

Bienvenus les petits moments de récréation comme cette soirée au China accompagné de Virginie et Camille. Inna Modja nous abreuve de sa pop funk africaine d'une fraîcheur positive déconcertante avant que nous ne filions nous saouler de sangria et de Tapas dans un bar de la rue de Lappe.

Bienvenu aussi le mercredi matin où après avoir jeté un film à développer chez Demi-Teinte je file rejoindre Flore pour un cours de photo plus court que prévu, la lampe de l'agrandisseur se jouant de nous dans un dernier éclat.

Un peu frustré, je me retrouve finalement à mettre à profit un temps inattendu. Un poil déstabilisant. Une heure et demi, comme un trou spatio-temporel dans un emploi du temps bien chargé. Après une pause cliché dans un no-man's land impressionnant près de la rue Cardinet, je m'arrête au Petit Palais visiter l'exposition Flash Back, présentant l'histoire en image du Petit Palais. L'occasion de comprendre un peu mieux la genèse et l'évolution de ce monument et de voir aussi quelques clichés de Flore, qui a eu carte blanche durant les cinq années de la dernière rénovation des lieux. C'est toujours impressionnant de voir les originaux d'images vues sur le net et d'admirer le travail de certains tirages virés au thé ou utilisant des papiers aux reflets de cuivre et d'or. Arrivé au bout de l'exposition, c'est amusé que je découvre le genre de petits mots laissés par des visiteurs invités à donner leur impression. L'exercice pour cette fois la forme d'un mur de post-it. Beaucoup de déclarations d'amour envers une âme sœur, d'autres un peu plus mesurées pour le Petit Palais, des dessins variés, et quelques contribution plus inattendues telles ce SAUCISSON à un post-it par lettre ou cet "islam for ever". L'occasion de découvrir aussi un lieu que je ne connaissais pas, plus palais que le grand palais avec ses collections de musée et un jardin très agréable.

Mercredi soir, je rejoins Virginie, Alexis, Isabelle et Sylvie dans un restaurant japonais rue de l'Ouest qui s'avèrera très surprenant par la présentation de ses sushis "dragons". On se pose alors pour discuter du devenir d'Un Jour Une Œuvre, le site comme l'expérience. Un bon moment plein de promesses mais il va falloir là aussi bosser un peu.

Enfin, jeudi, le temps d'un douze à quatorze, je visite au pas de course l'édition 2009 de Paris Photo au carrousel du Louvre. Beaucoup de galeries, beaucoup de clichés, le nombre et le peu de temps à y consacrer me donnent un peu le vertige, beaucoup de belles images mais rien qui ne me transcende totalement. Je retiendrais pêle-mêle des clichés magiques et déjà vus de Michael Kenna, quelques images étonnantes de Irène Kung, les images uniques et déjà vues de de Georges Rousse mêlant photographie et architecture conceptuelle d'intérieur dans un étonnant piège optique, une image surprenante de Ken Kitano, les géniales images d'animaux de Nick Brandt que l'on voit partout en ce moment, les images intemporelles de Josef Hoflehner, les images très américaines tendance Hooper de Jeff Brouws et deux "jeunes" photographes mis en avant par le prix SFR Jeunes talents, Ezio d'Agostino et surtout des images N&B de Marc Montméat qui me parlent car proches de ce que je pourrais avoir envie de faire.

Avec un peu de recul, ce fut finalement une semaine plus remplie que prévu sur le plan des loisirs bien que mon client préféré fut au cœur de mes préoccupations et que cette détestable impression de course permanente ne m'ait pas quitté.