Sur le fil
le mercredi 12 mai 2010, 20:15
Certains jours, je me surprends à être comme habité par un autre moi.
Un moi plus investi, plus présent, plus charismatique, plus convaincant et plus productif.
Comme aujourd'hui par exemple où les tirages de petites images de ce matin se sont passés presque trop facilement, où la pause déjeuner s'est avérée l'heureux moment de découverte d'un lieu excitant et d'un ouvrage admirable dont je reparlerais prochainement, où ce début d'après-midi a été marqué d'une réunion particulièrement fructueuse avec mon client préféré version père {chez mon client préféré on travaille en famille, le père gère l'entité principale et le fils l'une des filiales} alors que l'on stagnait depuis quelques mois sur de polis échanges de mails sans lendemain et où je me dirige à présent chez mon client préféré version fils pour rapatrier le matériel informatique et l'I² retenus en otage depuis près d'un mois, fort d'un client préféré qui a avoué son contentement au terme d'une surprenante réunion de début de semaine.
C'est étrange, troublant et inquiétant à la fois. Une sorte d'effet paradoxal, car généralement, quand ce genre de petit moment de grâce se produit, je suis souvent dans un état second, un état de fatigue avancé, où tous les indicateurs d'un corps en souffrance m'indiquent que je suis à la limite du point de rupture, et où comme transcendé, cet état s'avère particulièrement prolifique. Un peu comme si épuisé, toute la partie raisonnable, calculatrice, et inhibée de mon cerveau se trouvait anesthésiée et prise en otage par toute la partie spontanée.
J'ai l'impression alors de comprendre un peu pourquoi certains artistes ont besoin de se défoncer pour atteindre le summum de leur art et ma défonce à moi, c'est la fatigue, sachant que mon art quotidien à moi, c'est de faire en sorte que des gens qui ont des idées et des besoins arrivent à se faire comprendre d'une équipe de I² au point de transformer des suites de 0 et de 1 en merveilleux outils de productivité.
C'est assez jouissif comme sensation intérieure mais comme au sortir d'un petit bad trip {j'imagine faute d'expérimentation} ce n'est physiquement pas idéal, j'ai le cerveau un peu embrumé, et je ne me sens pas au top de ma forme.
Et à l'instar de Cendrillon, j'ai intérêt à être rentré pour minuit au risque de voir ma légère "superactivité" se transformer en une forte somnolence à tendance gronchon.
Enfin bon, voilà, rien d'extraordinaire dans ces quelques lignes, juste la formalisation d'une prise de conscience personnelle, demain sera certainement plus raisonnable et réfléchi et je l'espère plus reposé.
Cet article appartient à la catégorie 100 états d'âme
Cet article peut être consulté à l'adresse permanente ci-dessous :
http://www.speigallery.com/post/2010/05/12/Sur-le-fil