slinkachu1.jpg

Je suis récemment tombé sous le charme d'un petit livre imagé sans prétention d'un artiste londonien dénommé Slinkachu.

Slinkachu présente sa série comme un projet de "petit art de rue".

Je pousserai pour ma part à qualifier "Little people in the city" comme de la "poésie de rue".

Il y a dans ces petites figurines peintes et mises en scène dans les rues de Londres plus qu'une simple reproduction du quotidien.

Cette différence d'échelle, ce côté réel sans l'être tout à fait, les thèmes abordés, le cadrage des images en gros plan nous transportent dans un univers plus complexe qu'il n'y parait. La transposition de scènes urbaines ordinaires dans une échelle plus réduite et pour le coup dans un décor plus surréaliste, apporte à ces images une dimension onirique.

Et de temps à autre, quelque chose dérape. Ici un cadavre sanguinolent festin d'une mouche, là la victime agonisante d'un tueur à l'épingle à nourrice, de ce côté une embarcation de pompiers affairés autour d'un corps flottant ou au coin de cette rue cette prostituée abaissée à la portière d'un cabriolet.

Mon image préférée, c'est la couverture du petit livre issu du projet, un père, sa fille dissimulée derrière lui pressant contre elle son ours en peluche, fusil à l'épaule, venant d'abattre visiblement une abeille, abeille qui à leur échelle à tout d'un monstre effrayant.

Le seul reproche que je ferai à cette série concerne les images grand-angle qui montrent le paysage urbain servant de théâtre aux petites scènes de vie. C'est intéressant de voir ce cadre mais je trouve que les images réalisées sont bien moins maîtrisées que les petites. Et comme l'auteur en juxtapose une quasiment pour chaque vue en gros plan, ça gâche un peu le plaisir.

Les deux images présentées sur cet article le sont avec l'autorisation de l'auteur et je vous invite à vous précipiter sur son blog pour en voir davantage.

Slinkachu est également le vandale artistique qui s'est amusé à taguer les coquilles d'escargot. Il faut voir ce second projet (Inner city snails) un peu comme une satire de l'art de rue ou plutôt de cette surcapacité humaine à recouvrir tout espace urbain de tag, de graffiti ou de publicité. Les escargots sont capturés, peints puis relâchés et il est indiqué sur le site de l'auteur qu'aucun escargot n'a pour autant été maltraité.

slinkachu2.jpg