Tiens, ce matin, j'ai réussi à installer le français sur l'ordi, sonnez trompettes, frappez tambourin, les accents sont de retour. Un coup de bol qu'avec l'habitude je connaisse par coeur le fonctionnement de Vindoze parce que bon, le Slovaque n'est pas à proprement parler la langue la plus intuitive du monde.

Par exemple, pour accéder au menu des langues, il faut bien sûr cliquer sur "Navastenie". Pour ajouter une langue, cliquez sur "Pridat", et le français c'est "francúzština". Cela vous donne à la fois un petit aperçu de la langue et un mode d'emploi dans l'hypothèse où vous vous retrouveriez dans une situation similaire.

Mardi matin, nous nous réveillons sous un ciel assez plombé.

Heureusement, le délire multicolore du Spirit Hotel nous accompagne et contrecarre le gris du ciel.

Nous prenons notre petit déjeuner dans une toute petite salle dans laquelle se trouve juste une table de quatre personnes. Sommes-nous les seuls clients dans cet hôtel ? Probablement, jusqu'à notre départ, je ne croiserai personne d'autre que la charmante hotesse d'accueil et le propriétaire des lieux.

Dans la ville, c'est une autre histoire, il y a du monde, de la vie, et si les touristes ne sont pas majoritaires, ils sont bien là. Apparemment, le week end, ce sont les anglais qui débarquent en force, au point que la ville a pris en 2007 un arrêté d'interdiction de consommation d'alcool dans les lieux et sur la voie publique.

Bon, un peu d'organisation. Ce mardi matin, c'est décidé, nous partons découvrir le château perché sur une petite colline dominant la ville à 200 mètres d'altitude.

A Bratislava, la ville est à taille humaine, on se déplace majoritairement à pied mais il existe un réseau assez efficace, quoique un brin lent, de tramways. Pas mal de bus aussi.

Nous prenons donc le tramway numéro 13, au départ de la gare ferroviaire de Hlavna Stanica (Lavna Stanitsa ou quelque chose du genre), et qui nous dépose dans ce qui deviendra notre rue fétiche au cours de ces trois jours passés à Bratislava, la "obchodna ulica" et là, c'est formidable la technologie, si j'avais fini par comprendre que "Ulica" se traduisait par rue, le traducteur linguistique de mon ami Google m'apprend que "Obchodna" se traduit par "commerçante". Et fort m'est de constaté que cette rue est bien commerçante.

C'est un autre Bratislava que nous découvrons là en opposition assez flagrante au Bratislava que nous avons traversé de l'aéroport à la gare ferroviaire. Nous pénétrons dans la vieille ville et c'est nettement plus charmant.

C'est assez progressif.

Des immeubles assez tristounes de la périphérie, on passe aux immeubles un peu moins grands et à des maisonnettes moins tristounes, puis à la rue commerçante de façades à deux étages comme un savant mélange de neuf et de délabré. On sent que ça bouge ici, de nombreux chantiers sont en action et c'est assez impressionnant de découvrir des trous béants entre deux immeubles.

Dans cette rue commerçante, on commence à découvrir les cours intérieures et les passages couverts entre deux rues. Il s'avèrera qu'il y en a beaucoup à Bratislava, plus encore qu'à Paris même si le coeur de la ville doit bien tenir dans deux ou trois grands arrondissements.

De la rue commerçante, on attaque la vieille ville. Plusieurs styles se cumulent ici, je ne me risquerai pas à les citer étant ce que l'on peut qualifier de tanche de l'architecture. Ce que je peux dire en revanche c'est que flâner dans ces ruelles et ces rues est très agréable, la vieille ville est très bien préservée et a certainement fait l'objet d'une campagne de restauration. On y trouve des ruelles aussi bien que des avenues et de très grandes places qui n'ont pas grand chose à envier aux places d'autres capitales européennes. Il y a quelque chose d'assez méditerrannéen dans Bratislava. Et comme dans les autres capitales, le luxe s'est bien implanté ici. Les grandes marques font légion et le dépaysement se maintient par l'exotisme de la ville.

Bon, restons organisé, après une petite heure de déambulation hasardeuse, on se resaisit, direction le château.

Le château surplombe le Danube, nous finissons donc assez rapidement par atteindre les rives de celui-ci avant de nous attaquer au château. Un pont assez impressionant traverse ce fleuve majesteux. Première surprise, le Danube n'est pas bleu. Mais pourquoi diable est-ce que je pensais que le Danube était bleu ? Il semblerait que cette fable nous vienne de Johann Strauss et d'un vieux film d'Alfred Hitchcock, le chant du Danube. Mais bon, le Danube est-il bleu quelque part ? Pas à Bratislava en tout cas. Nous pouvons témoigner. Le Danube est ici d'un vert un peu terne.

Le château disais-je, restons organisés.

Mais ce pont, là, gigantesque, avec son autoroute sur la partie supérieure et deux passerelles un peu en contrebas, longeant le pont sur les côtés. Et cette impressionant entrecroisement de tubes métalliques au bout qui se rejoignent sous une sorte de soucoupe volante qui me rappelle visuellement les engins extraterrestres de "La guerre des mondes" de Spielberg.

Exit donc le château à court terme, nous prenons la passerelle de gauche et nous traversons le Danube.

Il faut bien dix minutes pour arriver de l'autre côté et c'est un parc qui nous accueille. L'endroit est assez bucolique et on aurait presque envie de se mêler à tous ces promeneurs à pied ou en vélo. Si ce n'étaient les hordes de moustique qui nous assaillent. Très rapidement, nous traversons le fleuve à rebours en prenant la passerelle histoire de découvrir l'autre côté du fleuve et des environs. Et de ce côté-ci du pont, je suis assez frappé de stupeur en découvrant un immeuble gigantesque, à côté des autres, et tout plat. Il est recouvert d'une publicité assez énorme en rapport avec la CDM (la Coupe Du Monde pour ceux qui ne seraient pas à la page).

Bon, restons organisé, ce matin, on fait le château... Et ce n'est pas parce qu'il est midi passé que nous allons renoncer.

Spirit Hotel

Spirit Hotel