Petite rupture dans la chronologie du récit. Flash forward, on passe du mardi midi au jeudi tant il me démange de relater le déroulement de cette journée. 

Toujours bien organisés, nous prenons notre dernier petit déjeuner confiants dans le fait d'avoir pris nos billets de train pour Budapest la veille. Hlana Stanica la gare ferroviaire est de plus située à une dizaine de minutes. 

Prenant congés de nos hôteliers singuliers du Spirit Hotel nous ne faillirons pas à notre tradition de courir un peu pour attraper notre train. 

Budapest est à 2h30 environ de Bratislava. Heureusement Viktor (je l'appellerai Viktor pour préserver son anonymat) s'est rapidement proposé pour rompre la monotonie de notre voyage. Alors hop on joue à un inconnu dans le métro version hongroise. Viktor est hongrois et rendait visite à sa famille slovaque. Il rend visite a présent à sa famille hongroise. Viktor commence par me baragouiner un truc à propos de son téléphone portable après avoir repéré mon origine française. Méfiant je commence par croire que Viktor veut me soutirer quelque argent pour acheter du crédit téléphonique. Mais nous finissons par comprendre que Viktor veut que je prenne son téléphone pour rappeler un numéro en France car il ne parle pas le français. Je m'exécute, il s'agit bien d'un portable en France mais là, le mec qui me répond s'exprime dans une langue slave. Viktor reprend son téléphone visiblement heureux d'avoir réussi a joindre son correspondant. Et Viktor reconnaissant ne manquera pas d'entamer la conversation ou plutôt un embryon de conversation tant nous peinons à nous comprendre. En voici l'essentiel, répété par Viktor une bonne dizaine de fois avant qu'il ne m'invite a reprendre ma lecture salvatrice. Viktor est bien hongrois mais il habite Marseille depuis 15 ans. A son grand regret, il ne parle pas le français et ça, cela semble être le grand regret de sa vie. Il aime Marseille et la France qui lui a permis d'être opéré du cœur grâce a la couverture sociale dont il bénéficie parce que bon, les médecins slovaque sont visiblement une catastrophe. Il aime Marseille mais trouve qu'il n'y a que des noirs et des arabes et ça, cela semble le deranger pas mal Viktor.  Petit extrait de la version originale : moi Marseille quince anes. Pas parler francess. Ah ah ah. Katastrof. Marseille bien mais beaucoup arabes. Katastrof arabes. Negras aussi. Ah France bien. Marseille. Quince anes. Pas parler francess. Mama mia. 

Le reste du voyage se déroule presque mornement une fois que Viktor quitte le train a Sturova et nous finissons par atteindre Budapest. 

Mais restons organisés nous planifions de nous rendre dans la foulée au lac Balaton avant l'invasion budapestoise de la proche fin de semaine.

Pour cela, nous allons louer une voiture. Notre guide futé recommandant une adresse principale sur Budapest nous traversons une bonne partie de la ville à pied histoire d'éliminer les calories des gâteaux hongrois rencontrés fortuitement sur le chemin. 

Nous finissons par atteindre Lehel utca où devrait se trouver l'agence de location de voiture. Devrait car j'apprendrai en appelant le loueur au téléphone que mon guide pas si futé s'est trompé de quartier l'agence se trouvant dans le dix neuvième district, même nom de rue et distant grosso modo d'une quinzaine de kilomètres. Bon, petit moment de flottement dans notre organisation. 

Nous gagnons l'hôtel Hilton du coin pour prendre un taxi et nous rallions les quinze kilomètres nous séparant du loueur transportés par un très sympathique chauffeur de taxi qui devinera par je ne sais quel indice que nous ne résidions pas au Hilton. 

Après un peu plus de trois heures de galère budapestoise nous voici au volant d'une magnifique 107. 

En prenant la route de Balaton, j'entends bien un petit bruit métallique asez caractéristique mais bon, nous avons déjà perdu trop de temps et nous nous en accommoderons. 

A mi chemin de l'heure et demi nous séparant de notre destination, le petit bruit métallique se transforme en bruit sourd d'un moteur de formule 1. Le pot d'échappement nous lâche sans aucun doute pour l'avoir déjà vécu.

Il tiendra jusqu'à ce que nous quittions l'autoroute a 6km de notre but. La, il se décroche et tout juste maintenu par un point d'attache, nous trainons un poids mort. Nous stoppons. 

Appel désespéré a l'agence et je ne vous explique pas comment faire comprendre que le pot d'échappement en anglais sans connaitre le terme pot d'échappement. Appel désespéré en France a Antoine, traducteur de son état, qui nous apprendra qu'il s'agit de exhaust. Imprononçable qu'il nous dit. Ouais Ben viens parler un peu le hongrois et tu verras. 

J'arrive finalement à me faire comprendre et a négocier l'envoi d'une voiture de remplacement pour le lendemain matin. Après un bricolage sophistiqué a base de fil de fer et de cordage nous parvenons a ficeler le pot malade de manière a ce qu'il ne traîne plus au sol e nous allons tenter de parcourir les derniers kilomètres qui nous séparent d'une soirée plaisante. Nous repartons dans une cacophonie qui laisse un gros sourire a tous les gens que nous croiserons. 

Ultimes péripéties, à ma grande surprise notre super GPS nous fait prendre le bac pour traverser le lac Balaton. Je me ferai copieusement engueuler en hongrois par Josef (appelé ainsi comme pour Viktor afin de préserver son anonymat). Josef est une sorte de gardien du site et Josef n'aime pas que l'on se gare où il ne faut pas. Josef dans son grand âge semble aimer l'ordre et la discipline. Et pas trop les étrangers. 

Passons, le ite est superbe, nous découvrons le gigantesque lac Balaton face au soleil couchant. Joli. 

En nous hissant sur le bac, au vu et surtout au bruit de notre véhicule insolite, l'équipage est plutôt hilare et ce sera l'occasion d'une franche bonne rigolade en anglais qui nous fera vite oublié Josef le grincheux. 

Tiens au passage mon unique objectif de reflex numérique a rendu l'âme en même temps que le pot, le zoom s'étant transformé en focale fixe. Comprenne qui pourra. 

Nous arrivons enfin au terme de notre voyage, Tihany, presqu'île insolite et l'hôtel Adler bien loin de l'originalité du Spirit Hotel. Mais le cadre n'est pas le même et après une telle journée un peu de luxe est bienvenu.