Errances culturelles et matérielles
le dimanche 4 juillet 2010, 00:42
Les plus assidus d'entre-vous auront remarqué que le récit de voyage s'est progressivement transformé en un non récit de voyage ou plutôt en un récit de voyage intermittent.
Réjouissez-vous heureux lecteurs, à présent rentré et gagné par le calme d'une vie professionnelle détendue me permettant d'écrire généreusement des billets entre minuit vingt quatre et minuit quarante huit, je reprends le fil du récit là où il s'est arrêté. Update en cours de route, déjà quatre soirs pour arriver au bout de cette note...
Et je m'excuse pour le peu d'images et les nombreuses fautes d'orthographes du billet précédent, mais écrire un texte sur un iPhone, ce n'est pas l'exercice le plus évident du monde.
Anyway, flash back, nous sommes de retour à Bratislava, il y a précisément une semaine.
Nous étions donc sur la route du château quand deux ou trois petites choses nous ont détourné de notre but matinal.
En revenant du Pont-Neuf, nous sommes happés par une ultime distraction. Un homme orchestre s'installe et démarre son show. Ça sent la bricole ingénieuse et le résultat est assez bluffant. Ce mec est capable de jouer en même temps d'une mini guitare, d'un clavier pas plus grand (que la mini guitare), d'une batterie à trois percussions et du classique harmonica. Moins "pêchu" que Lewis Floyd Henri mais aussi impressionnant.
Enfin, au terme de ces errances matinales, nous démarrons l'ascension de la colline sur laquelle le château de Bratislava est perché. C'est d'ailleurs là l'un des principaux attraits de ce château. Dominer la ville et le Danube à une centaine de mètres d'altitude. Longtemps en ruine, le château a été fortement restauré dans les années 50 et manque un poil d'âme.
Et c'est là, dominant Bratislava la belle slave, que m'est venu l'idée de série photo du siècle qu'elle n'a jamais été faite. Un photo-reportage sur le troisième âge en voyage. Sexy non ? Parce que bon, le troisième âge, c'est une chose, mais les groupes de voyage du 3ème âge, c'est assez impressionnant. Un peu comme les groupes de japonais à Paris ou de français au Maghreb. Et des groupes de 3ème âge à Bratislava, il y en a plein. Bon, je vous montrerai deux trois images que vous me donniez votre avis sur la viabilité du projet ;)
Autant vous dire donc, qu'en dehors du fait d'admirer le paysage, de profiter un peu de la verdure des jardins du château et du sujet formidable exposé ci-dessus, la visite fut courte. D'autant que nos estomacs commençaient à réclamer leur pitance slovaque et que quelques gouttes de pluie attaquaient joyeusement notre optimiste météorologique.
Après un déjeuner qui n'avait finalement rien de typiquement slovaque (contrairement au dîner de la veille : un restaurant trouvé par hasard en suivant une personne dans le hall d'un immeuble puis vers le sous-sol de celui-ci. Au menu, deux spécialités du pays, kapustnica et bryndzové halusky. Respectivement une soupe au chou, paprika et saucisson fumé et une sorte de gnocchi au fromage de brebis.), nous poursuivons mollement notre visite de Bratislava avec un soupçon moins d'organisation que durant la matinée.
Nous commençons à prendre nos repères dans une ville à taille humaine. On marche beaucoup à Bratislava et l'on peut également se faire transportés par de typiques tramways dont le charme égale l'âge. En se baladant au cœur de la vieille ville, on sent qu'après une longue période un peu sombre (nazisme puis communisme), la Slovaquie aspire à vivre et à se transformer.
A Bratislava, on trouvera en vrac : un fromager très sympathique spécialisé dans le fromage hollandais chez qui nous ne résisterons pas longtemps à un vieux gouda hors d'âge et à un autre très étonnant au Wasabi ; une échoppe géniale de trucs inutiles comme un sac à main fait d'une simple fermeture éclair et du coup entièrement démontable, et des suspensions façons peluche censées être un oiseau mais que l'on adoptera de notre côté pour des moustiques (la région pullule de moustiques) ; une boutique spécialisée dans les objets recouverts de tricot ; des sculptures de bronze éparpillées un peu partout dans la ville représentant un homme ou une femme intégré dans le décor (ici un photographe en action, là un homme accoudé à un banc, ou encore là un homme assis à une table de restaurant, etc.) ; de nombreux passages couverts pour passer d'une rue à l'autre ; des cours intérieures d'immeubles très agréables abritant parfois d'adorables chatons ; une boutique vintage dans laquelle s'illustre parmi tant d'autres choses exceptionnelles un incroyable sac nounours... On trouve des choses incroyables à Bratislava, au détour d'une rue, nous tomberons même sur Shrek et Ronald Mac Donalds... Ensemble ! Fort non ?
Un peu de culture à présent avec le musée Milan Dobes. du nom d'un artiste contemporain slovaque spécialisé en art cinétique et optique. Le conservateur qui nous accueille prend bien soin de nous prévenir, attention, dans ce musée, c'est de l'art contemporain que vous allez voir. Et oui, l'art contemporain, ce n'est pas sale, enfin, pas toujours. Et là en l'occurence, c'est assez intéressant, étonnant même tous ces jeux optiques et ces installations. Difficile à décrire, quelques images vous donneront un aperçu.
Avant de clore cette journée par une nouvelle ode à la nourriture et aux vins slovaque, nous essaierons de nous rendre un peu en périphérie de la ville à la recherche d'un mythique hôtel un peu moins cher. L'occasion de prendre un tramway et de découvrir Izdralaskadart (je l'appelerai ainsi pour préserver son anonymat). Izdralaskadart est une sympathique institutrice ayant pris l'initiative d'entamer la conversation. Tiens, on pourrait là aussi jouer à un inconnu dans le métro version tram slovaque. Apprenant notre origine parisienne, ce qui chiffonne Izdralaskadart c'est de comprendre pourquoi les français semblent autant ne pas aimer les anglais. Alors bon, oui, il y a bien une vieille rancune franco-anglaise qu'ils nous rendent bien d'ailleurs nos amis rosbeef, mais j'ai plutôt l'impression que l'on a réussi à dépasser un peu les vieilles querelles de la guerre de cent ans. Bon, il y a bien l'affront londonien infligé à Paris par Londres pour l'organisation des Jeux Olympiques 2012. Mais non, ça ne me semble pas si critique. Beaucoup de jeunes aiment Londres au même titre que beaucoup de londoniens aiment Paris. Et comme partout ailleurs, il y a toujours un petit réflexe naturel de xénophobie (peur de l'étranger comme de l'inconnu) que notre éducation nous permet souvent de surmonter et de gérer. Nous ne manquerons pas à ce propos de discuter un peu des problèmes entre hongrois et slovaques. Izdralaskadart nous confirmera la chose en nous expliquant que bon, les hongrois, c'est compliqué. Une fois apaisés ces profondes questions intérieures, Izdralaskadart nous présentera son ami Martzincsk (je l'appellerai ainsi pour préserver son anonymat) avec qui elle se rend au Spa de l'hôtel Nivy (voir photo) voisin de l'hôtel que nous recherchons. Et Martzincsk et Izdralaskadart nous mettrons sympathiquement sur la voie de notre quête...
Quête qui n'aboutira... pas. Visiblement, l'hôtel Sporkontakt doit être si peu cher car il est excessivement difficile à trouver, même avec l'adresse et une carte. Nous n'avons d'ailleurs pas plus trouvé la veille au soir le restaurant Trafena Hus qui avait visiblement fermé. A Bratislava, il vaut mieux avoir le guide de l'année en cours car les choses ont l'air de bouger rapidement. Nous rebroussons chemin, convaincus qu'il ne s'agissait pas d'une bonne idée tant le quartier a tout gardé de son architecture communiste et tant le Spirit Hotel égaie nos journées d'une plénitude de couleurs.
Quand on rentre le soir, nous prenons le tramway jusqu'au terminus et cette gare de tramway de nuit a quelque chose de fascinant par sa grandeur et le charme des ses installations patinées par le temps. Et de loin, ces petits personnages assis sur des banquettes de béton immenses semblent perdus dans la nuit. Peu après, nous passons le tunnel inquiétant séparant la gare du Spirit Hotel.
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