Certaines fins de semaine ne présentent pas grand chose d'exceptionnel dans leur définition calendaire. Prenez la dernière fin de semaine par exemple, celle des 10 et 11 juillet 2010. Bon, si l'on excepte le fait que le 11 juillet est la Saint-Benoit (bonne fête mon loupiot), ainsi que le jour de la finale de la coupe du monde de foutchebol, les 10 et 11 juillet, ce n'est pas comme si c'était le 14 juillet ni la saint Jean.

Et pourtant, pour certains individus, cette fin de semaine là présentait un caractère légèrement peu ordinaire .

Allez, trêve de suspens, vous l'aurez bien sûr deviné, le certain individu en question, c'est moi ;)

Pour bien commencer, rien de tel qu'un cours de sténopé. Le sténopé, c'est l'expression la plus simple de la photographie, la mise en œuvre basique du concept de chambre noire. Le cours de sténopé en question, à l'initiative du collectif de l'ŒI de l'Esprit, était donné par Marie-Noëlle Leroy, une référence en la matière, pour organiser, entre autres, l'exposition internationale de photographie au sténopé du Bourget. Le sténopé, cela fait quelques années que je fantasme dessus et un peu moins d'un an que je suis passé à la pratique.

Mon approche est progressive, j'ai commencé par acheter quelques boites à sténopé histoire de comprendre facilement le fonctionnement et de voir l'objet prêt à l'emploi. J'ai ainsi fait l'acquisition d'un boitier Pola sténopé, d'un holga sténopé, d'une boite ZeroImage sorte de rolls du genre, et récemment d'un Diana qui dispose d'un mode sténopé. Il m'a également été offert récemment un sténoflex, petite boite en carton prédécoupée qui fait fureur en ce moment dans toutes les bonne crémeries culturelles.

Mais l'approche traditionnelle, et, ma prochaine étape du sténopé, veut que l'on fasse sa boite soi-même, c'était donc l'objet de ce cours. Prenez une boite en fer, un morceau de canette, un peu d'adhésif, une bombe de peinture couleur noir mat, une perceuse et un peu de papier de verre, quelques formules mathématiques dédiées à l'optique, une feuille de papier photo et vous voilà l'heureux propriétaire/fabriquant d'un sténopé maison. Seule l'imagination peut vous freiner tant le champ des possibles est sans limite. La taille, la forme, la distance entre le papier et le trou, tous ces paramètres entrent en compte dans le rendu de l'image.

Ce qui est drôle dans la version papier (rien n'empêchant de charger aussi du film en rouleau comme en plan film), c'est que l'image obtenue au développement du papier photo est un négatif papier. La version positive s'obtient par contact. La magie de tremper la feuille dans le révélateur et de voir l'image monter est démultipliée par l'aspect si particulier du sténopé et la seule idée d'avoir exposé quelques minutes une feuille de papier à la lumière à travers un trou inférieur à 1 millimètre.

Et hop, voici la première image négative capturée à travers le panier d'un Velib, accompagnée d'un extrait du making-off ainsi que du positif bricolé sous photoshop.

stenope1.jpg stenope2.jpg

stenope3.jpg

Ce savoir-faire absorbé, l'envie me démange déjà de me lancer dans la réalisation de dizaines de sténopés dont la réalisation d'un trou moins gros qu'une tête d'épingle est la plus grosse difficulté.

Pour autant, c'est dimanche que se situait le point culminant du week end avec l'installation de mon labo photo noir & blanc argentique. Après un peu plus de 9 mois de cours de tirage argentique auprès de Flore, et un peu plus de 3 mois de recherche du matériel et de l'installation adéquate, c'est non sans émotion que j'ai pu brancher l'agrandisseur Omega, préparer mes bains et procéder au premier tirage d'une petite image slovaque.

Comme on dit chez les jeunes, le kiff total, même avec les quelques grains de poussière polluant qu'il va me falloir traquer pour les prochaines.

barrosgabor.jpg

Et pour couronner deux journées si prolifiques, nous filons le dimanche soir en direction de Versailles. Après un bain de lumière et de beauté pris dans les jardins du château, nous faisons parti des quelques centaines de privilégiés qui pourront accéder à l'opéra du château de Versailles, où se produit ce soir Vanessa Paradis, accompagnée de Albin de la Simone, à l'arrangement et en première partie, ainsi que de pas moins de 7 musiciens dont un quatuor de cordes (trois violons deux violons, un alto et un violoncelle). Le lieu a lui seul valait l'acharnement passé pendant une heure sur le site de réservation totalement inadapté du château de versailles pour arracher deux places, pas même côte à côte. Incroyable de poser ses fesses sur des banquettes sur lesquelles la cour de Louis XV comme celle de Louis XVI se sont elles-mêmes posées pour assister à des spectacles un peu plus baroques.

Postés aux colonnades, nous surplombons la scène. Le spectacle qui s'offre à nous est un concert acoustique. L'accent est mis sur le chant, la musicalité des instruments et un arrangement rendant hommage au prestige des lieux, dans une subtile alliance entre pop et sonorité presque classique voire exotique de certains instruments (le quatuor à cordes bien sûr, un batteur plus percussionniste que batteur, un kalimba, un banjo, un genre de viole de gambe (ce n'en était pas une mais c'est la seule chose à laquelle j'ai pu raccrocher cet instrument étrange), un clavier plié déroulée par terre au son proche d'un xylophone, etc. L'arrangement amené par Albin de la Simone était vraiment réussi pour célébrer la majesté de l'opéra. Mais bon, du coup, je dois avouer m'être un peu emmerdé de temps en temps. Difficile de se lâcher en de tels lieux. Le spectacle était totalement maîtrisé, le répertoire choisi donnait la part belle à l'album Bliss plus acoustique, et quand on a goûté à l'énergie des titres de l'opus Divinydille amenés par un M un peu plus énergique que le sieur de la Simone, le résultat est un peu frustrant, mais non dénué de surprise. Comme cette reprise de Jo le taxi, démarrée et terminée au kalimba et, qui, ainsi arrangée et jouée a réussi le tour de force de m'hypnotiser. Dingue pour ce que je considère être l'un des plus beaux nanards des années 80. Ce doit être au premier rappel que le concert a commencé à gagner en émotion. L'exercice mérite d'être salué car il ne devait pas être si évident de se produire ainsi dans un tel lieu.

Voilà qui clôturait royalement 48 heures pas tout à fait comme les autres.

operaroyal.jpg operaroyal2.jpg