Ils sont fous ces hispaniques
le mardi 27 juillet 2010, 10:22
Obelix ne m'en voudra probablement pas de lui avoir emprunté cette petite phrase.
Partis de Bayonne (mardi 20) nous avons entrepris en ce début de deuxième quinzaine de juillet de traverser l'Espagne de Saint Sebastien à Vigo pour remonter ensuite tranquillement la côte Atlantique par étapes jusqu'à regagner notre point de départ.
Cette traversée sera l'occasion d'un premier arrêt à Léon, chef-lieu de la province éponyme. Notre première soirée sur le sol Espagnol est très agréable, la vieille ville est très belle, majestueuse et la vision nocturne de la cathédrale justifie à elle seule le détour. C'est ce soir là que nous reprendrons également contact avec une des choses que je prefère dans la culture espagnole. Le vieux centre regorge de bars à tapas débordant de vie. L'ambiance est détendue, agréable, festive.
Après cette première nuit d'hôtel assez réparatrice, nous repartons un peu tard pour notre première etape dans notre périple, Baiona dans la région de Vigo.
Trois nuits en camping avec les filles, à proximité immédiate d'une grande plage, face aux îles Cies, trente degrés au rendez-vous, cela s'annonce assez bien.
Les espagnols de Galicie parlent étonnamment très peu anglais, ce qui me forcera à réactiver mes bases scolaires de la langue nationale. Et bien que rouillées ces bases linguistiques nous sauverons la mise à quelques reprises, le dictionnaire franco-espagnol acheté à la volée à Bayonne sera bien rentabilisé.
L'installation de la tente s'est plutôt bien passée. Peu coutumiers du camping nous avons trouvé un emplacement offrant un peu d'espace. Les campings en bord de mer jouent la rentabilité à fond et la promiscuité n'est pas forcément l'idéal de Camping que l'on se fait. Ceci étant, le camping est propre, ainsi que les douches et toilettes et c'est un point important quand on s'apprête a y passer trois nuits.
Bon, du coup, l'heure espagnole a cours aussi dans le camping et le calme (entendre par là la fin de la fête au restaurant et les allées et venues criardes de nos voisins) ne vient jamais avant deux heures du matin, pas évident avec deux petites filles élevées à l'heure française qui ne comprennent d'ailleurs pas bien pourquoi les enfants espagnols ne se couchent pas eux entre 23h et minuit mais plutôt vers une ou deux heures du matin.
Mais bon, tant bien que mal, nous finissons par nous accomoder à ce contexte et à trouver un semblant de rythme. Nous visitons Vigo, ville étonnante dans laquelle on ne veut pas rentrer puis que l'on ne veut pas quitter et Baiona, notamment le fort transformé aujourd'hui en parador, un luxueux hôtel.
Le deuxième jour nous décidons de nous rendre aux îles Cies, annoncées comme le joyau de la région avec pas moins que la plus belle plage du monde. Mais l'heure espagnole joue contre nous, arrivés un peu tard au guichet il n'y a plus de place pour le départ de 16h. Après quelques hésitations, nous décidons de rester une nuit de plus car normalement nous aurions dû plier la tente le lendemain matin.
La nuit venant sera cauchemardesque pour qui veut dormir. Nous sommes vendredi soir et c'est jour d'arrivée au camping. Le peu d'espace vital que nous avions pu avoir se retrouve envahi par deux ou trois familles portuguaises qui s'installent bruyamment et tardivement. Comme tous les soirs, la fête du camping durera jusqu'à deux heures du matin. Mais c'est surtout de Sabaris la ville voisine que viendra un vacarme nous empêchant de goûter un peu de calme avant quatre heures du matin. Une fête vient de démarrer et il en sera ainsi au moins pour trois ou quatre jours. Le clou étant dans le tir de fusées sonnant comme des coups de canon à huit heures du matin par la même ville de Sabaris. Pourquoi ? J'aimerais foutrement bien le savoir.
Impossible dans ces conditions d'imaginer rester une nuit de plus. Nous trouvons avec difficulté (dans la communication comme dans la disponibilité) par téléphone un hôtel disposant d'une chambre pour quatre, plions la tente et filons attraper le bateau pour les îles Cies que nous aurons à l'arrachée.
La journée passée sur les îles sera assez plaisante, le site est envoûtant. Aucune voiture. Deux îles à la végétation assez luxuriante reliées par une longue plage de sable fin. Un petit lagon classée réserve marine traversé par une petite digue de laquelle nous pouvons voir des milliers de poissons à travers une eau transparente. Une vue à couper le souffle depuis Pedra da campa et un observatoire ornithologique surplombant les falaises habitées par une grande colonie de goélands. Non vraiment, avec ses plages de sable fins, ses grands rochers granitiques et ses eaux aux bleus variés le petit archipel des îles Cies n'a rien à envier aux plus belles îles exotiques en dehors de la chaleur des eaux qui doivent ici voisinner 16 à 17 degrés.
Au retour des îles nous nous installons à l'hôtel ce qui nous permet de goûter au plaisir d'être propres et un peu habillés comme si nous venions de passer trois mois dans une course de voile en solitaire. Mais la nuit qui s'annoncait plaisante pour être bien éloignée des fêtes conjointes du camping et de la ville de Sabaris se révélera peu reposante tant il y eut d'agitation dans les rues de Baiona. Les passants survoltés se sont dissipés à près de 9h du matin.
Non vraiment, ils sont fous ces hispaniques. C'est decidé aujourd'hui (dimanche 25) nous filons nous réfugier dans les montagnes.
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