De Baiona en Espagne à Bayonne en France, il y a un peu plus qu'un pas qui nous conduisit, entre autre, à Saint-Jacques de Compostelle et dans le parc naturel des Picos de Europa, mais c'est un point de notre escapade ibérique sur lequel je reviendrais probablement plus tard.

De Baiona en Espagne à Bayonne en France, il y a aussi quelques similitudes, comme la fiesta et la vie nocturne.

Alors bon, sur ce coup là, je dois avouer qu'en Espagne, ils ont beau jouer en première division de la fiesta, les nuisances qui nous ont été offertes ne font pas le poids avec ce que nous avons trouvé lors des fêtes de Bayonne.

L'avantage me direz-vous, c'est que, à Bayonne, nous étions sympathiquement logés chez Sarah et Éric (alias Rico), légèrement à l'écart du cœur de ville, et nous avons pu donc à la fois jouir de l'évènement et dormir un peu sans être réveillé à chaque sortie de sommeil paradoxal ou à chaque poussée d'adrénaline vocal du chanteur.

A l'issue d'une journée de retour mouvementée et agrémentée de quelques désagréments ferroviaires entre la gare de Biarritz (où nous avons lâché notre voiture de loc) et la gare de Bayonne (plus d'une heure pour rallier les deux quand il y a dix minutes de train c'est un peu long...), nous étions un peu las, mais face à l'extrême excitation de Sarah à l'idée de nous emmener au cœur des festivités et du petit Bayonne, nous avons cédé à ses caprices ;)

Alors hop, on se grime en blanc et ceinture rouge, les couleurs officielles, et on part à l'aventure.

Aux alentours de 20h, l'ambiance est encore bon enfant, il fait bon prendre l'apéro dans le quartier de la gare. L'agitation principale vient de nos enfants affairés à effrayer les passants avec des pétards qui explosent quand on les projette à terre et du mythique Balto (quelle grande ville n'a pas son Balto ?) transformé en guinguette pour l'occasion.

Après avoir nourri et couché les enfants que nous abandonnons à la bienveillance de Éva, nous suivons Rico et Sarah, nos guides dans la tempête bayonnaise.

Je vais faire vite et simple.

Une fois passée le pont séparant le quartier de la gare de la vieille ville, c'est n'importe quoi. Il y a une foule digne d'un quatorze juillet sur les Champs-Elysées mais avec un effet visuel supplémentaire, ils ont tous adoptés le dress code blanc et rouge. Ce qu'il y a de bien dans ce dress code, c'est qu'on peut mesurer le bon fêtard au taux de Jacqueline / blanc du vêtement. Par exemple, moi, fêtard débutant, je n'ai eu le droit qu'à un petit coin d'épaule, tandis que Sarah, vétéran, avait au moins atteint le 50% en moins d'une heure et demi.

Vite et simple donc disais-je.

Des gens partout, survoltés, la fête à tous les coins de rue, une beuverie générale où l'on passe en quelques secondes du joyeux au pathétique, des fanfares, de la Jacqueline en veux-tu en voilà, une combinaison densité/surface de déchets humains rarement constatée ailleurs, et le jus de Bayonne si caractéristique mélange d'urine, d'alcool et de vomi le tout bien mélangé par la foule.

Le clou du spectacle a été pour moi atteint en arrivant au bord des remparts où un farfelu à demi-nu s'est mis en tête d'atteindre le haut d'un réverbère qui se situait bien à 6 ou 7 mètres du sol, y est parvenu tout en se faisant continuellement balancer tous types de bouteilles à l'aller comme au retour. Stupéfiant... Alors bon, l'avantage, c'est que l'on peut se faire plein d'amis facilement, surtout si l'on est un individu féminin, mais à maintes reprises, c'est un genre d'amis que l'on abandonne dès que possible. Bon, j'avoue, cette rangée de mecs pissant sur un mur à l'entrée du petit Bayonne n'était pas mal non plus.

Vite et simple donc, une soirée haute en couleurs et en émotions !

Deux regrets pour ma part, ne pas avoir pu caresser les petites vachettes en journée et avoir loupé la grande flash mob organisée à l'occasion des fêtes de Bayonne.