Certains soirs ont un petit goût de fin de vacances.

Je lâche les filles à la gare de La Rochelle. Lise poursuit ses vacances avec sa maman, Adèle avec sa grand-mère, Virginie part pour trois jours sur Annecy et je file passer une dernière soirée sur Meschers avant le grand retour du quinze août.

Un soir comme ça où après une sympathique soirée au restaurant en famille, on s'en va traîner au surf, ce bouge de port de plage où de jeunes adolescents post-pubères font comme les autres jeunes adolescents post-pubères et s'envoient des coups jusqu'à goûter la fièvre des soirs d'été alors que la température extérieure ne doit pas dépasser les quinze degrés.

Un soir comme ça où en prenant place au fond de la terrasse on se prend l'envie de héler la carte, au demeurant fort agréable, pour lui demander "Comme d'habitude !" même si mes deux gardes du corps du moment sont les seuls habitués des lieux.

Un soir comme ça où on s'enchaîne quelques tournées de ce breuvage so british, et qui n'est finalement pas de la vodka. Le mode d'emploi est assez simple mais l'attraction est garantie. On verse le contenu de l'éprouvette en bouche et on conserve, on ouvre, on approche une flamme de briquet et c'est un petit feu intérieur qui prend jusqu'à ce que l'on décide à lui couper l'oxygène. Un vrai petit derrick humain jusqu'à s'en cramer la moustache, pour peu que dame nature et le temps qui passe nous en aient doté.

Un soir comme ça où l'on regarde deux boulets sans pouvoir s'empêcher de penser qu'ils étaient encore des "droles" il n'y a pas si longtemps et qu'il serait bon de leur coller deux trois baffes pour qu'ils arrêtent leurs conneries au point de risquer leurs avenirs.

Mais ce soir là a un petit goût de fin de vacances, le temps n'est plus à donner des leçons mais à faire confiance et profiter de l'instant présent. Alors je ferme ma gueule, je profite, je fais confiance, je fais le con et je vais me coucher car demain c'est le grand retour du quinze août...