Le rêveur éveillé
le jeudi 26 août 2010, 16:40
J'ai cessé de rêver, tout du moins de me rappeler de mes rêves, depuis dix à quinze ans.
Je ne pense pas que la machine soit cassée, la science semble avoir démontré combien tout individu rêve (même Paddy le non chien), qu'il s'en souvienne ou non. Je pense plutôt que ma mémoire ne parvient plus (ou s'en voit contrainte) à imprimer ces souvenirs, elle qui, pourtant, a bien imprimé l'époque enfantine où mon usine à rêves n'avait pas grand chose à envier aux productions du neuvième art.
Et s'il m'arrive exceptionnellement de voir remonter quelques souvenirs oniriques, ils s'assimilent le plus souvent à l'impression d'avoir rêvé plus qu'au contenu du rêve lui-même.
Au point que cela me travaille et que je m'interroge de temps en temps, sans obsession pour autant, sur l'origine de cette impasse qui puise certainement son origine dans les méandres de mon cerveau malade. Il s'agit bien de l'un des rares symptômes qui pourrait me motiver un jour à consulter pour essayer d'en isoler les causes.
Et pour le coup, j'ai développé une sorte de compensation, il m'arrive assez souvent de rêver éveillé.
Il suffit de quelques instants de relâche de l'attention (en marchant ou en restant assis à ne rien faire, dans les transports, sur la plage, etc.) et je suis parti, un peu comme dans Inception avec quelques effets spéciaux en moins et sans parvenir à dépasser pour l'instant le niveau 1.
Comme ce matin où marchant dans la rue pour me diriger vers ma villégiature professionnelle du jour, je me suis transporté mentalement, marchant sur le chemin français de Saint-Jacques de Compostelle, pour un voyage initiatique (mais païen) de plusieurs semaines.
Durant ces quelques minutes d'imagination, j'étais comme absent, et je marchais dans la vraie vie par automatisme.
Étonnant.
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