TEDx Bordeaux
le lundi 30 mai 2011, 13:50
Quand Alexis Monville me lança au cours d'un déjeuner quelques mois plus tôt une petite phrase comme "Tu ne viendrais pas parler de tes clés quelques minutes à TEDx Bordeaux ?" ma première réaction s'apparentait à peu de chose près à un bon rire suivi d'une certaine incrédulité ponctuée par un "Nan, il y a tellement d'autres personnes qui ont des choses plus importantes et intéressantes à dire"...
Il m'a bien fallu quelques semaines pour assimiler que sa proposition était sérieuse, quelques autres pour me remettre, relativiser, assimiler et réfléchir à l'objet de mon intervention.
Replaçons un peu le contexte.
TED, est un concept de conférence venu des États-Unis et qui s'articule autour des thématiques des technologies, du divertissement et du design et dans une approche de soutien aux idées méritant d'être diffusées et susceptibles de changer le monde, pas moins que cela. Je vous renvoie au site TED.com pour plus d'informations.
Le succès grandissant, les organisateurs de TED ont souhaité développer le concept en créant la franchise TEDx. Une conférence TEDx est organisée à l'initiative d'une équipe locale, sur sa seule motivation, et s'engageant simplement à respecter la philosophie et les critères TED.
En 2010, ce ne sont pas moins de 984 conférences TEDx qui se sont déroulées un peu partout sur le globe.
Et ce 28 mai 2011, TEDx Bordeaux avait donc lieu, dans le beau cadre du Musée d'Art Contemporain de Bordeaux, le CAPC.
Le thème général de la conférence était ENSEMBLE, vaste sujet.
Et qu'est-ce que je viens faire dans tout cela me direz-vous ?
Alexis a été séduit comme moi par l'initiative Dead Drops de Aram Bartholl, qui sous des aspects artistiques, ludiques et technologiques n'en revêt pas moins une initiative réfléchie et engagée quant aux problématiques de partage de fichiers, de droit d'auteur et de censure d'Internet.
C'est dans ce cadre que j'ai été invité à présenter le projet sur un "talk" de 5 minutes.
Une expérience vraiment intéressante, où j'ai tenté de faire passer dans une petite histoire les fondements de la communauté Dead Drops et son étonnante résonance mondiale.
Le projet Dead Drops est un bel exemple pour montrer comment ENSEMBLE, quelques individus peuvent faire germer et diffuser une bonne idée, et sans forcément prétendre changer le monde, tout au moins réussir à en faire réfléchir une petite partie.
A mes côtés, 13 autres intervenants sur des sujets aussi variés que passionnants.
Benoit Sillard pour commencer nous a démontré à quel point le concept de propriété intellectuelle est dépassé à l'heure du numérique, et pourquoi il est urgent d'en revoir les principes légaux. D'autant plus quand ceux-ci deviennent un véritable frein au développement artistique et économique conduisant jusqu'à des situations absurdes où un tribunal en vient à ordonner la destruction de l’œuvre d'un artiste comme Richard Prince.
Corinne Lozé nous parle ensuite de son expérience africaine et expose en quoi la mise en œuvre d'Internet en Afrique est capitale pour aider à son développement, en insistant également sur l'importance des femmes africaines dans l'entrepreneuriat local.
La troisième intervention était celle du groupe musical Sun Seven, un trio aux accents de Soul, Rap & Reggae et qui nous interprétait un titre créé pour l'occasion, "Tout ira bien", inspiré par la thématique de l'évènement du jour, ENSEMBLE.
Nicolas Bounine, kinésithérapeute de formation, nous a ensuite expliqué comment il a renoncé à pratiquer l’ostéopathie, ne parvenant qu'à soulager et non à soigner à long terme ses patients, pour finir par mettre au point sa propre méthode, centrée principalement autour de l'équilibre corporel du bassin.
Lydie Brunot nous a pour sa part évoqué son expérience d'enseignante en école "Montessori" et du contexte qui l'a poussé à créer une association pour aider les adultes dans leur apprentissage du rôle de parents. Un rôle fondamental pour accompagner et éduquer au mieux ceux qui seront les adultes de demain.
Juste avant la pose, Fadhila Brahimi, coach et spécialiste en "personnal branding", a insufflé un peu de beat dans cette belle salle du CAPC. Tous debout, sur une rythmique tirant légèrement sur le hip-hop, c'est un bœuf général, qui a plutôt bien pris, ENSEMBLE. Fadhila nous invite tous à transposer cette expérience en entreprise, faire des choses ludiques, ensemble, permet d'être plus efficaces ensuite dans l'opérationnel.
Après la pause, c'est toujours en musique que le TEDx reprend, au son de la contrebasse bordelaise de Mathieu Immer qui nous fait puissamment vibrer.
Quand je fais suite à Mathieu sur la scène, je suis encore tout vibrant, mais ce n'est sans doute pas le seul effet de la contrebasse. 5 minutes, à la fois très court et très long pour un résultat imparfait mais très (auto)satisfaisant.
A ma suite, Frédéric Couchet, fondateur de l'APRIL (association nationale de défense et de promotion du logiciel libre), nous fait une belle démonstration sur la manière dont il essaie de changer le monde au quotidien, par son soutien et sa promotion au logiciel libre. Le logiciel libre est une part fondamentale de notre écosystème aujourd'hui, sans le logiciel libre, Internet ne serait pas le même aujourd'hui car il s'est massivement développé sur ce modèle. Revendiquons-nous aussi la liberté informatique comme une liberté comme les autres.
Le revenu de vie, autre concept génial dont on commence sérieusement à entendre parler, nous a été expliqué par Carole Fabre. Et si chaque individu avait le droit, quel que soit ses origines, son statut, et sa condition à un même revenu de vie qui lui permettrait de subvenir aux fondamentaux : se nourrir, se loger, se soigner. Que deviendrait alors le travail, cette notion qui a si souvent perdu sa noblesse et son sens au détriment d'un caractère alimentaire ? Utopiste, irréaliste, impensable ? Et si vous lisiez l'appel pour le revenu de vie, vous risqueriez bien de vous surprendre à y ajouter votre signature !
L'intervention de Jean-Etienne Durand m'a laissé une impression assez étrange. Discret, c'est l'un des seuls intervenants dont je ne savais globalement pas grand chose. Informaticien de métier, cela résonne forcément un peu à mes oreilles. Jean-Etienne nous explique qu'au début de sa carrière, ses réalisations logicielles s'intégraient dans des programmes militaires. Après avoir réalisé qu'il ne voulait plus travailler dans un tel cadre, il créé sa société et met ses talents de concepteur au service de l'humanitaire. Ce que l'on appelle, un beau revirement, un choix de vie, pas si simple, forçant je dois bien l'avouer, le respect.
Et il fallait bien la verve de Serge Soudoplatoff pour réaliser à la fois une synthèse de cette journée mais aussi un exercice locutoire de talent à la gloire d'Internet et des communautés virtuelles. Serge nous emmène en balade verbale, joue de l’étymologie et de la sémantique, et assemble le désir et la considération comme les deux moteurs fondamentaux de la construction d'un monde positif.
Pour avoir déjà assisté à un certain nombre de conférences, on ne se rend pas bien compte du travail que représente la mise sur pied d'un tel chantier. Sans oublier que les conférences TED sont à but non lucratif et qu'il s'agit donc majoritairement de la mobilisation d'équipes bénévoles.
Je tiens donc ici à remercier et à féliciter toute l'équipe de TEDx Bordeaux avec une pensée particulière pour Alexis et Isabel Monville, et merci de m'avoir embarqué avec vous.
Je ne sais si le titre de Sun Seven était prémonitoire mais oui, ce 28 mai, tout allait bien, tout allait bien.
Quelques extraits vidéo sur le blog de Patrick Rey en attendant les vidéos officielles des talks de TEDx Bordeaux !
Le groupe Sun Seven sur la scène de TEDx Bordeaux
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