3 heures à tuer...
le mercredi 27 juin 2012, 11:31
Il est peu de moments plus riches pour moi que ceux où je débarque dans une ville m'étant inconnue, doté de quelques heures à y tuer.
Quand cette ville est Montpellier, en cette fin de mois de juin au climat on ne peut plus estival, c'est d'autant plus agréable.
J'aime errer dans le coeur de ville piétonnier, m'éloigner petit à petit des artères commerciales, trouver de jolies places ombragées à la densité humaine plus que raisonnable, être impressionné par la cathédrale St Pierre et la beauté de l'école de Médecine qui la prolonge, longer la vue plongeante sur le jardin des plantes et ses parterres botaniques, profiter du panorama qui s'offre depuis la place de la Canourgue à la dénomination si exotique pour le parisien que je suis (Ne cherchez pas, j'ai vérifié, il n'existe pas de place de la Canourgue à Paris...).
Au détour d'une ruelle, je me laisse guider par une musique envoutante, mélange de percussion et de jazz, au point d'être attiré comme un rat par le petit joueur de flûte de pan. La musique vient du conservatoire, la porte est ouverte, je rentre, je me dirige vers la cours intérieure d'où provient cette sirène mélodique, et c'est un véritable petit orchestre qui donne là concert à une foule de parents venus pour ce qui est vraisemblablement le concert de fin d'année.
Sans hésitation, j'ai posé mes sacs et mes fesses sur la pelouse comme tout le monde et je me suis laissé charmer par cette trentaine de musiciens en herbe guidés par leurs deux profs, l'un de percussion l'autre de jazz. batterie, clarinette, clavier, contrebasse, basse, une dizaine de xylophones et une dizaine de percussions donnait un mélange assez doux et envoutant.
Les oreilles rassasiées de sonorités inhabituelles, une autre surprise m'attendait un peu plus loin, au sein du Pavillon Populaire. Lieu d'exposition où je me laisse aller à découvrir les douzième Boutographies. Douze photographes dits émergeant, européens, donnant à voir leurs regards, différents, éclectiques. J'en retiens deux m'ayant particulièrement intéressés. Xavier Voirol, dans sa série "Les apprentis de la mer", donne une jolie vision de cet univers auquel peu d'entre nous sont susceptibles de s'intéresser. Mais au delà du sujet, le traitement Noir et Blanc, les tirages et certains floutés sont à mon sens très réussis. Dans un genre très différent mais qui me parle aussi, Thibaut Derien montre dans sa série "J'habite une ville fantôme", des devantures désertées, témoins malgré elles d'une vie et d'une prospérité passées, dans une veine me rappelant les images de Raymond Depardon avec son tour de France, ou encore certaines images de Walker Evans.
Etonnement aussi en sortie du Pavillon Populaire, quand à quelques pas de la célèbre place de la Comédie, des jeunes gens se la jouent Robinson. Une cabane à deux étages a pris place dans un arbre. Contact très sympa, idée très chouette, mode un tantinet marginaux mais plutôt cool.
Non, il n'y a pas à dire, ces trois heures à tuer comme prélude à un riche week end estival furent un régal…
Quelques images de Xavier Voirol...

© Xavier Voirol

© Xavier Voirol

© Xavier Voirol
Quelques images de Thibaut Derien...

© Thibaut Derien

© Thibaut Derien

© Thibaut Derien
Le Robinson Camp...
Un petit extrait du concert du conservatoire de Montpellier...
Concert de fin d'année, conservatoire de Montpellier from speigallery on Vimeo.
Cet article appartient à la catégorie Escapades
Cet article peut être consulté à l'adresse permanente ci-dessous :
http://www.speigallery.com/post/2012/06/27/3-heures-a-tuer
